Voyance
On désigne par le terme voyance la revendication d'une capacité à obtenir et fournir une information en s'affranchissant des lois de la nature habituellement reconnues, comme les limites de temps et d'espace. La personne qui aurait cette capacité est généralement appelé "voyant(e)" et propose des consultations à des clients qui sont en attente de révélations sur leur avenir. Cette pratique est considérée comme une duperie par les rationalistes.
Survol historique
L'être humain s'est toujours inquiété de son avenir et son désir de pouvoir en déjouer les pièges ou en exploiter les potentialités l'a parfois conduit à chercher des moyens de l'anticiper. La "voyance" est une réponse à ce désir qui s'est exercée dans tous les domaines de l'activité humaine.
Au cours des âges, la voyance a utilisé divers supports : l'observation des étoiles, comètes, éclipses et autres phénomènes astronomiques est l'un des plus connus. Au Sud de la Mésopotamie (Irak actuel), la civilisation de Sumer jeta les bases de l'astronomie et l'astrologie autour de 2500 avant J.-C. Encouragés par les souverains, les prêtres astronomes et astrologues ont poussé au fil des générations de plus en plus loin les observations des phénomènes météorologiques et astronomiques, dans un but prospectif. Toutes ces connaissances nourriront les civilisations suivantes : grecque, romaine, arabe…
1 000 ans avant J-C., dans la région du golfe du Mexique, les Olmèques posent les bases d'une astrologie qui sera adoptée ensuite par les civilisations toltèque, maya et aztèque. Aujourd'hui encore, dans les Andes Centrales, les paysans continuent d'utiliser un système de prédiction du climat datant de l'empire Inca, basé sur l'observation des Pléiades, afin de déterminer la date propice à la plantation des pommes de terre.
Dans l'ancien testament de la Bible, on trouve un interdit explicite de la voyance (Deutéronome 18.10-12) "Qu'on ne trouve chez toi personne qui fasse passer par le feu son fils ou sa fille, qui s'adonne à la divination, aux augures, aux superstitions et aux enchantements, qui ait recours aux charmes, qui consulte les évocateurs et les sorciers, et qui interroge les morts." L'évocation détaillée de ces pratiques mantiques laisse à penser qu'elles étaient alors répandues parmi les populations contemporaines des Hébreux, dans cette région du monde.
Autour du Ier au IVe siècle, en Grèce et à Rome, ce fut l'apogée des haruspices, prétendant lire l'avenir dans le comportement ou les entrailles des animaux. Cette méthode de "prédiction" était d'un usage courant pour juger les crimes dans la Rome antique. L'auteur latin Cicéron, dans de divinatione, brosse autour de -44 avant J.-C. un tableau très complet des pratiques de son époque (augures, aruspices, astrologie prophétie, oniromancie...) et se livre à une critique méthodique des arguments en faveur de la divination, sous forme d'un dialogue entre son frère Quintus et lui.
À la même époque se développa en Asie le Yi King (ou Yi Jing : basé sur la philosophie taoïste du Yin-Yang, il s'appuya d'abord sur l'interprétation des fendillements des carapaces de tortues exposées à la chaleur, puis sur le lancer de 50 tiges d'achillée sèches. De nos jours le jet de pièces de monnaies est fréquemment utilisé. Cet oracle repose sur 64 figures (ou hexagrammes) constituées par l'empilement de six traits, qui peuvent être pleins ou brisés, mutables ou non. Par le jeu des mutations, on arrive donc à 4 096 combinaisons possibles. L'interprétation des hexagrammes est écrite dans le "Livre des mutations" (Yi-King), ouvrage métaphysique taoïste de la Chine antique, attribué au souverain Fo Hi, qui l'aurait rédigé pendant une période d'emprisonnement. Cet antique outil d'aide à la décision connut un regain de popularité dans les années 1960 dans certains milieux intellectuels, notamment aux États-Unis.
Des plantes psychotropes sont parfois utilisées pour accéder aux visions prophétiques : le soma, une boisson hallucinogène utilisée en Inde antique par les prêtres, leur permettait ainsi de « voir les dieux ». Cette pratique de consommation d'hallucinogènes à des fins divinatoires trouve probablement son origine dans les sociétés primitives et le chamanisme.
Durant le Moyen Âge, en Europe surtout et un peu moins en Afrique du Nord, ce sont les astres qui vont redevenir le support préféré des voyants : l'astrologie, ancienne mais encore marginale, prend son essor. D'après la théorie chrétienne d'alors, les étoiles sont en effet des disques derrière lesquels se cachent des anges ou des chérubins, et leur mouvement est en fait un signe. Le ciel s'organise donc en constellations, les années en périodes zodiacales, permettant par de savants calculs de déterminer l'horoscope. Nostradamus fut un astrologue reconnu de son vivant (qui rencontrait et conseillait nombre de personnalités); il a écrit un ouvrage dans lequel il dévoile, selon lui, tous les événements qui devraient se dérouler jusqu'en 2060 environ, date selon lui de la fin d'un monde.
Nostradamus, né Michel de Nostredame, cité plus haut, a établi des prévisions qui, de par la langue et le style employés, sont proprement indéchiffrables (ou à tout le moins sujettes à une foule d'interprétations possibles ce qui, bien évidemment, multiplie les possibilités de « tomber juste »).
De manière générale, diverses disciplines constituent les "arts divinatoires" : tarot, astrologie, boule de cristal, etc. Ces pratiques sont bien implantées dans la société, on estime que 21% des femmes et 9% des hommes en France ont déjà rencontré au moins une fois un ou une voyant(e). Le chiffre d'affaires annuel global des quelques 100 000 professionnels de la voyance et de l'occulte est évalué en ce début de XXIe siècle à près de 3 milliards d'euros, ce qui représente environ 15 millions de consultations par an.
Évolution de la législation
Pour le droit français jusqu'en 1994, l'exercice de la voyance était un délit prévu au Code Pénal. Le 1er mars 1994, les législations répressives de 1834 et de 1945 ont été grandement amendées par la suppression de l'article R.34 7° de l'ancien Code pénal.
Points de vue contemporains
La voyance repose sur une hypothétique capacité à "lire" avec ou sans support des possibilités qui ne sont pas encore survenues. De nombreuses expériences ont été tentées à l'ère moderne afin de vérifier ou d'infirmer les théories sur la voyance, en général par les détracteurs de ce phénomène. Cette capacité n'a pas été démontrée de manière scientifique. Ce qui n'empêche pas de nombreuses personnes de recourir aux "voyants" sans mettre en doute cette capacité.
Du point de vue de ceux qui la pratiquent, l'interprétation des visions ou des "lectures" est faite par le voyant lui-même et dépend donc en partie de son univers psychique et culturel. Comme toute interprétation, celle-ci subit en effet les interférences de la subjectivité du voyant mais aussi de celui qui l'a consulté.
On peut aussi considérer la voyance comme une extrapolation intuitive du cours des événements, s'appuyant sur un certain nombre de données considérées comme signifiantes (les signes). Vu sous cet angle, le fonctionnement de la voyance diffère très peu de celui du « dire d'expert » très valorisé socialement depuis la fin du XXe siècle dans de nombreux domaines (politique, sciences humaines, sociologie etc.)
En l'absence d'homologation officielle (tout comme pour certaines psychothérapies), le flou domine cette activité bien que des guides de voyants (comme pour les restaurants) et des fédérations de praticiens aient vu le jour.
Points de vue scientifiques
La voyance fait l'objet d'études scientifiques à la fin du XIXe siècle avec la "Society for Psychical Research" fondée à Londres en 1882.
En France, c'est en 1919 qu'est fondé l'Institut Métapsychique International (IMI). Il se définit comme « une alternative officielle entre les dérives de la crédulité et l'excès de scepticisme ».
La recherche fait de grands progrès dans les années 1930 aux États-Unis, sous l'impulsion de Joseph Banks Rhine qui développe des méthodes d'analyse statistique rigoureuses pour tenter de définir le phénomène.
Depuis, de nombreux protocoles d'expérience ont été mis en œuvre. Le plus célèbre d'entre eux est l'expérimentation StarGate aux États-Unis. En 1974 et pendant 20 ans, la CIA a coordonné et dépensé plusieurs millions de dollars dans un programme de recherche sur la clairvoyance destiné à trouver et tester des médiums. L'armée américaine fera ainsi appel à des espions psy tels que Joseph McMoneagle, capable de décrire à distance des cibles stratégiques, découvrir des caches ou retrouver des prisonniers avec parfois pour seule base des coordonnées de longitude et de latitude.
Plus engagé dans le rationalisme, un Laboratoire de Zététique a été créé en 1998 à l'Université de Nice en lutte contre la "pensée irrationnelle" dans le but de former chez l'individu « une capacité d'appropriation critique du savoir humain ».
Une étude statistique sur les prévisions les plus répandues (en général fin du monde, apocalypses, guerres, Mir qui s'écrase sur Paris, des prédictions assez courantes autrefois mais plus rares aujourd'hui) et menée par des zététiciens a démontré que moins d'une vision sur 100 000 s'est réalisée !
Une expérience réalisée en 2001 et publiée dans la prestigieuse revue Science révèle que le taux de chance pour un « voyant » de deviner la ou les main(s) (gauche ou droite, aucune ou les deux) que le témoin va poser est égal voire inférieur au hasard (une chance sur 4).
Toutefois, il n'existe pas d'étude statistique à grande échelle permettant de juger de la fiabilité de tous les types de voyance même si, pour l'instant, toutes les études scientifiques sur tel ou tel point de la voyance (cf. ci-dessus) ont toujours démontré l'absence d'effet voyance.
Enfin, l'activité de voyance ne faisant l'objet d'aucune garantie ni législation particulière et fournit notoirement un terrain à certains escrocs et personnages malhonnêtes.
Aucun mécanisme scientifiquement reconnu ne permettrait d'expliquer le phénomène de « voyance ». Cependant, l'analyse du comportement cérébral pendant une séance de voyance montre que le voyant est dans un état de profonde relaxation avec des phases de synchronisation des deux hémisphères qui sont semblables aux phases de rêve et peuvent donc expliquer la sensation de « visions » ressentie par le voyant.
L'effet Barnum
Un professeur de l'université de Oxford et plusieurs spécialistes français de zététique - dont Henri Broch, professeur à l'université de Nice- ont pu prouver par une expérience simple que plus une description est générale, plus les gens se reconnaissent en elle. Le test se déroula en trois étapes :
- Un questionnaire banal fut distribué en demandant aux élèves de le remplir. Les questions étaient assez générales (par exemple: date de naissance, couleur préférée, couleur des yeux, prénom de la mère…)
- Les questionnaires étaient récupérés et l'on rendait à tous un seul et même « résultat », préparé à l'avance, lui aussi très général. On demanda aux élèves de noter l'exactitude du test sur 5.
- Les copies furent dépouillées sous contrôle d'huissier. Moyenne : 4,5/5. En reproduisant le même test mais en révélant aux élèves que le « résultat » était celui d'une autre classe, on obtint une note moyenne de 1/5.
Cet effet, qui fait que l'on s'identifie plus facilement à quelque chose si l'on se sent visé par celui-ci, est connu sous le nom d'effet Barnum (en référence aux talents de manipulateur de Barnum).
Parapsychologie

La parapsychologie est l'étude pluridisciplinaire au moyen de la méthode expérimentale de phénomènes qui mettraient en jeu le psychisme et son interaction avec l'environnement. Ces phénomènes sont appelés phénomènes Psi. Le fondateur de cette discipline est Joseph Banks Rhine. La parapsychologie a succédé historiquement à la métapsychique, qui étudiait le somnambulisme et les médiums au XIXe siècle.
La parapsychologie tente d'établir scientifiquement l'existence du Psi. Les phénomènes psi sont généralement classés en deux grandes catégories :
- Les perceptions extra-sensorielles (PES) : clairvoyance, précognition, télépathie ;
- La psychokinèse (PK) : macro-PK (sur des objets de taille « normale »), micro-PK (au niveau quantique), bio-PK (sur des organismes vivants).
La parapsychologie est généralement considérée dans les milieux scientifiques comme une pseudo-science à cause de son incapacité à prouver l'existence de son objet d'étude, le Psi. Les recherches en parapsychologie sont principalement critiquées, pour ne pas dire démystifiées, par les scientifiques relevant du Scepticisme scientifique. Les sceptiques reprochent essentiellement aux parapsychologues de ne pas « donner sa chance à l'hypothèse HO ». Ils acceptent de remettre en question des points de théorie, mais jamais leur postulat de départ, qui est l'existence du Psi, posée a priori. Le psychologue James Alcock répertorie les principaux arguments sceptiques contre l'existence du Psi.
À l'inverse, la psychologie des expériences inhabituelles est une discipline qui étudie les phénomènes prétendument paranormaux dans une perspective psychologique, sociologique ou encore ethnologique, sans référence au Psi.
Les chercheurs en parapsychologie
Le terme de parapsychologue fait le plus souvent référence à un chercheur possédant un diplôme de psychologie, bien que des scientifiques d'origines très diverses (physiciens, médecins, biologistes ...) en viennent à se spécialiser dans ce domaine. Certains pays, tels que le Royaume-Uni, ont mis en place des diplômes d'état portant spécifiquement sur la parapsychologie. La quasi totalité des parapsychologues sont membres d'une association scientifique spécifique, la Parapsychological Association (PA) organisme membre de l'AAAS. Les conditions pour devenir "Full member" de cette association sont les suivantes : détenir un doctorat, avoir publié un article traitant de parapsychologie reconnu par les membres de l'association comme étant de bonne qualité et ayant été publié dans un journal scientifique ou le méritant, et être coopté par deux membres de l'association. Ces critères sont par exemple quasi identiques à ceux de l'American Psychological Association.
De ce point de vue, rien ne distingue le chercheur en parapsychologie d'un chercheur dans n'importe quel autre domaine d'activité scientifique. C'est d'ailleurs l'avis du sceptique Ray Hyman : "La plupart des parapsychologues expérimentaux ont des diplômes universitaires (...) Ils ont été formés à utiliser les mêmes contrôles expérimentaux et techniques statistiques typiques de l'investigation scientifique."
Le nombre de membres de la PA semble relativement stable depuis plusieurs années, avec environ une centaine de "Full Members ». Si l'on inclut les diverses catégories de membre de la PA on peut compter qu'environ 200 chercheurs travaillent dans le domaine de la parapsychologie à travers le monde, dont un quart effectue des recherches à plein temps au sein de structures officielles. Il existe environ une vingtaine de laboratoires universitaires travaillant sur la parapsychologie. La plupart sont situés en Grande-Bretagne.
En voici quelques exemples :
- la Koestler Parapsychology Unit (KPU) de l'université d'Édimbourg,
- le département de parapsychologie de l'université de Northampton en Angleterre
- la chaire de parapsychologie de l'université d'Utrecht aux Pays-Bas,
- le département de parapsychologie de l'université de Lund en Suède,
- La Perrott-Warrick Research Unit du département de psychologie de l'université d'Herfordshire,
- L'Anomalistic Psychology Research Unit de l'Université Goldsmith de Londres,
- le Princeton Engineering Anomalies Research (PEAR) de l'université de Princeton qui n'est actuellement plus en fonctionnement.
Résultats et hypothèses de la parapsychologie
Les expériences effectuées par les parapsychologues ont mis en évidence des effets. Ces effets ont des tailles relativement faibles, ce qui implique la nécessité d'études avec une forte puissance statistique. Cependant, l'interprétation de ces effets est l'objet de débats au sein de la communauté parapsychologique. À l'heure actuelle il est difficile de déterminer si ces résultats sont le fruit d'artefacts subtils ou la mise en évidence d'interactions inconnues. La principale difficulté provient du fait qu'à supposer que ces interactions existent, il n'existe pas de démonstration sur le plan physique et biologique de leurs mécanismes. Cependant, les travaux déjà effectués permettent d'arriver à un certain nombre d'observations :
- Si les perceptions existent, elles ne reposent pas sur un canal physique tel que ondes électromagnétiques, ultra-sons, etc... Des expériences avec cages de Faraday, ou bien à des distances de milliers de kilomètres, ont eu des résultats positifs.
- Ces perceptions semblent indépendantes de la distance et du temps. Il n y a pas de différence entre les effets par précognition ou par clairvoyance.
- Les résultats varient d’un sujet à l’autre et d’un test à l’autre, ce qui entraine une non-reproductiblité au sens strict. Pourtant, il existe, comme dans toute science humaine, une reproductibilité statistique qui peut être mise en évidence par la méta-analyse. Ces effets ne sont donc pas impossibles à reproduire, ils nécessitent des paramètres spécifiques.
- La plupart des expériences psi mettent en évidence un effet de déclin : les réussites sont plus importantes au début qu’au milieu du test, et parfois remontent vers la fin (la fameuse courbe en U). Cet effet, observable dans des expériences de psychologie cognitive classique, pourrait provenir de la fatigue et la lassitude des sujets,
- Quelquefois, on obtient du psi-missing, c’est à dire des résultats aux tests significativement très inférieurs à ceux prévus par le hasard (comme si les sujets « rataient » volontairement). Il est possible de prévoir avant le déroulement d'une hypothèse ce type d'effets chez les sujets qui ne croient pas en l'existence de ces expériences.
- Les phénomènes de RSPK semblent se focaliser autour d’un individu (souvent un jeune souffrant de problèmes psychologiques), et/ou de certains objets
- L’ampleur des effets PK ne dépend pas de la complexité du dispositif expérimental.
Axes de recherche
Les travaux effectués dans le domaine de la parapsychologie expérimentale peuvent être classés en deux grandes catégories :
- Les travaux élitistes concernent les recherches portant sur des sujets « doués », appelés aussi « sujets psi ». Les travaux effectués dans ce domaine, dans des cadres contrôlés, ont pour ambition d'éviter toute interférence dans le protocole expérimental, comme la lecture froide et les effets Barnum dans le domaine des perceptions extra sensorielles. Pour la psychokinèse, les dispositifs mis en place sont généralement plus complexes. En effet, de nombreux exemples de « tricherie » ont été rencontrés chez les sujets, ces derniers utilisant des techniques empruntées à l'illusionnisme.
- Les travaux universalistes ont été développés principalement à l'université de Duke par Joseph Banks Rhine, dans le prolongement de travaux de Charles Richet. Ils ont pour but la mise en évidence d'effets psi chez des individus non sélectionnés. Ces expérimentations nécessitent un nombre d'essais très important, car les phénomènes recherchés apparaissent avec une fréquence très faible. On peut notamment citer le protocole Ganzfeld ou encore les travaux de micro-PK d'Helmut Schmidt. C'est à l'heure actuelle l'approche qui est privilégiée au sein des laboratoires de parapsychologie.
Validité
La parapsychologie est un champ d'étude particulièrement controversé. L'existence même de son sujet d'étude n'est pas prouvée et est régulièrement remise en question. Si certains observateurs considèrent que les travaux dans ce domaine ont permis de mettre en évidence des phénomènes inexplicables autrement que par le psi, d'autres contestent ces analyses et remettent en cause le statut scientifique de la parapsychologie. En effet, cette discipline est confrontée à de majeures critiques :
Parapsychologie et fraude
La question de la fraude est source de nombreux débats. On peut tout d'abord remarquer qu'il existe plusieurs exemples historiques de fraude en parapsychologie. Au XIXe siècle, par exemple, alors que le débat faisait rage à propos du spiritisme et de l'existence des esprits, l'illusionniste Harry Houdini fut un critique de certains médiums. Il dénonça les trucs d'illusionnismes utilisés par les médiums spirites afin de faire croire qu'ils étaient capables de communiquer avec les morts. Mais il faut remarquer que les parapsychologues et les métapsychistes eux aussi ont effectué ce travail d'explication et de mise en évidence de divers procédés charalatanesques. Certains prestidigitateurs célèbres, comme par exemple Robert Houdin, n'ont d'ailleurs pas été en mesure, dans certaines séances, d'expliquer les phénomènes observés
La fraude des sujets
Il peut exister deux types de fraudes en parapsychologie: le premier est celui en provenance de sujets étudiés, le second est celui de données altérées par les parapsychologues eux-mêmes. En ce qui concerne la première catégorie, il est essentiel, lorsqu'on étudie un sujet prétendument doué pour le psi, d'avoir un illusionniste pour minimiser un maximum le risque de tricheries. Différents ouvrages proposent des conseils pour prévenir ce genre de fraudes, tel que par exemple l'ouvrage de Richard Wiseman et Robert L. Morris Guidelines for testing psychic claimants.
On pourra également remarquer la difficulté de travailler avec des sujets dans le domaine de la psychokinèse, comme Uri Geller, ayant des connaissances en prestidigitation. Ce dernier a notamment été critiqué par James Randi. Une expérience, publiée dans la revue Nature, a d'ailleurs été l'occasion de nombreux débats.
Les cas de fraude d'expérimentateurs
Il existe peu de cas de fraude non disputée en parapsychologie:
- L'affaire Walter J. Levy, élève de Rhine. Dans ce cas, c'est l'équipe du laboratoire de parapsychologie de l'université de Duke, qui en vérifiant les données, se rendit compte d'une incohérence dans celles provenant de Levy. Levy, sous la pression de Rhine, avoua avoir triché. Rhine publia dans le Journal of Parapsychology cette découverte et toutes les publications de Levy furent donc jugées par les parapsychologues comme irrecevables.
- L'affaire Samuel Soal.
Harvey J. Irwin et Caroline A. Watt indiquent pour leur part qu'aucune étude ne démontre qu'il y a davantage de fraude en parapsychologie que dans les autres disciplines.
Charles Edward Mark Hansel propose d'autre exemples de fraude de la part de chercheurs en parapsychologie dans son ouvrage ESP: A Scientific Evaluation. Hansel, tout comme Randi, est critiqué par certains scientifiques concernant la cohérence des critiques.
Charles Tart prétend que certains sceptiques, ne trouvant aucun biais dans les protocoles de parapsychologie, invoquent une fraude de la part des expérimentateurs, fraude qui n'a pas été mise en évidence. On peut citer plusieurs exemples:
- James Randi à propos des expériences de Rupert Sheldrake avec le chien Jaytee. Randi affirma avoir analysé les données et découvert des biais. Si l'on en croit Sheldrake, Randi aurait avoué qu'il n'avait en réalité jamais consulté les données.
- Hansel à propos des expériences de Rhine et de la Séance Pearce-Pratt. Ne trouvant pas de biais dans ces expériences, Hansel consulta des plans du laboratoire qui pouvaient selon lui permettre une fraude. Or les plans consultés n'étaient pas de la bonne époque. Si l'on se réfère aux plans réels, la critique d'Hansel est incohérente. Malgré la connaissance de cette erreur, Hansel ne revint jamais sur sa position.
- Henri Broch à propos des expériences de Rhine. Henri Broch affirme que les résultats des expériences de Rhine proviennent notamment du dos des cartes qui peut comporter certaines imperfections. Or, dans la plupart des recherches de Rhine, les sujets ne voyaient pas le dos des cartes.
Selon un certain nombre de parapsychologues, les sceptiques diffusent par les médias de faux biais afin de discréditer la recherche en parapsychologie.
Outre la fraude volontaire, il peut exister des erreurs involontaires, comme dans n'importe quel domaine scientifique, provenant des convictions des expérimentateurs. On parle alors d'effet Rosenthal ou effet Pygmalion.
Le problème de la reproductibilité
Effet Tiroir
Il s'agit du principal reproche à l'encontre de la parapsychologie. Le faible taux de reproductibilité des expériences ainsi que la variabilité des résultats en fonction des expérimentateurs sont pointés du doigt par les sceptiques, qualifiant la discipline de pseudo-science. En effet, le principe de reproductibilité est généralement considéré comme une caractéristique essentielle d'une science expérimentale. Les parapsychologues tentent de résoudre ce problème en cherchant des explications aux échecs de reproductibilité (effet mouton-chèvre, effet expérimentateur...) et en utilisant des méthodes telles que les méta-analyses. Les observateurs sceptiques considèrent pour leur part que les difficultés de reproduction des résultats significatifs par d'autres chercheurs sont une preuve que le psi n'existe pas et que les résultats positifs sont dus à des biais expérimentaux.
Les critiques de la parapsychologie mentionnent souvent l'existence d'un effet "tiroir" (ou en anglais filedrawer effect) en parapsychologie. L'Effet Tiroir est un biais de publication, qui existe dans tous les domaines de la science, mais qui joue à plein en parapsychologie : les revues ont beaucoup plus tendance à publier des recherches ayant des résultats positifs que des recherches ayant des résultats négatifs. Le résultat de ce biais de publication est qu'en lisant la littérature le lecteur a l'impression que les résultats sont en faveur d'une hypothèse (en parapsychologie, l'hypothèse de l'existence du psi), alors que si toutes les recherches étaient publiées il pourrait constater qu'en moyenne les résultats sont en défaveur de l'hypothèse.
Henri Broch , ainsi que d'autres auteurs, ont pour cette raison critiqué les méta-analyses. Le résultat d'une méta-analyse dépend bien évidemment des études qui sont incluses dans celle-ci. S'il y a un biais important de publication, alors forcément le résultat de la méta-analyse sera biaisé. Cependant, il existe diverses méthodes permettant d'estimer l'importance d'un effet tiroir dans un ensemble de publications données, et de corriger le résultat de la méta-analyse en conséquence.
À cause de ces critiques sceptiques, les parapsychologues ont pris le parti de publier toute recherche menée, qu'elle conforte leurs espérances théoriques ou les desservent. Néanmoins, il est impossible de savoir si toutes les études menées sont publiées, et les sceptiques supposent que malgré tout, encore aujourd'hui, l'effet tiroir persiste. On ne peut qu'espérer qu'un maximum de recherches soient publiées (positives comme négatives), afin d'éviter un maximum ce biais de publication.
Le problème de la théorie
Il n'existe pas actuellement de théorie scientifique unanimement acceptée permettant d'expliquer les résultats obtenus par les parapsychologues. Il existe cependant des « modèles de compréhension » permettant de déterminer quels sont les paramètres permettant d'obtenir des effets psi (meilleurs résultats chez les sujets liés affectivement, importance de certains caractères psychologiques, etc.) et des esquisses de théories descriptives comme le modèle de l'information pragmatique (Lucadou, 1987). La journaliste Lynne Mc Taggart dans son enquête L'univers informé (Ariane, 2006) retrace l'aventure des recherches qui tendent à dessiner un nouveau paradigme scientifique sur un univers en interrelation où l'esprit et le corps humain sont baignés et reliés par un « champ d'energie ». Ces théories ne font pas non plus consensus, en particulier concernant le fait qu'elles contredisent ou non les théories actuelles en physique contemporaine. Certains auteurs sceptiques pensent que ces théories ne sont pas conciliables avec les théories classiques tandis que d'autres chercheurs (on peut citer notamment Werner Heisenberg,le prix Nobel de physique Brian Josephson, Remy Chauvin, ou encore le français Olivier Costa de Beauregard, chercheur en physique quantique) pensent que les théories du psi n'invalident pas les modèles de physique contemporains, mais qu'ils les complètent. Au niveau théorique, les sceptiques critiquent généralement le fait que le « support » de l'information et un éventuel organe « récepteur » n'aient pas été mis en évidence. Pour les parapsychologues, les effets psi ne fonctionnent pas selon les mêmes modalités que les autres phénomènes physiques, et par conséquent parler de support d'information et d'organe récepteur est inadapté.
Anomalité et causalité
Les expériences de parapsychologie tentent de mettre en évidence des déviations statistiques anormales liées à un paramètre de l'expérience (par exemple le taux de réussite que les sujets ont à deviner la couleur d'une carte en fonction de cette couleur) or, une corrélation n'implique pas que le lien est le psi. Cela peut être du à des paramètres cachés de l'expérience.
L'effet expérimentateur
Ce terme prend un sens particulier dans le domaine de la parapsychologie. C'est une forme particulière de l'effet mouton-chèvre au niveau de l'expérimentateur. Les parapsychologues émettent l'hypothèse que l'expérimentateur pourrait avoir une influence sur les résultats de façon psi (et non pas de façon classique, comme par exemple avec l'effet Rosenthal). Les sceptiques, à l'inverse, y voient un effet Rosenthal classique. La possibilité de distinguer d'éventuels effets psi provenant des sujets avec ceux provenant des expérimentateurs est un débat important au sein de la communauté des parapsychologues.
Le manque de moyens
Les recherches effectuées dans le domaine de la parapsychologie depuis près d'un siècle ont été effectuées avec les mêmes moyens que ceux dévolus aux départements de psychologie américains pendant deux mois. Cela permet d'expliquer en partie la raison pour laquelle les parapsychologues ont de grandes difficultés à mettre en place des recherches. Il faut ajouter à cela le nombre faible de chercheurs travaillant à temps plein dans ce domaine. Un autre facteur explicatif du manque d'essor de la parapsychologie est la difficulté de répliquer les expériences pour les raisons invoquées précédemment. Enfin, on peut mentionner le fait qu'il est souvent très mal vu dans les milieux universitaires de travailler sur les questions liées à la parapsychologie. C'est généralement une approche critique qui est favorisée et les travaux tentant de mettre en évidence les phénomènes sont souvent difficiles à mettre en place.
Activité cérébrale
Si le psi existe, il doit être possible d'identifier une activité cérébrale particulière lors d'une tâche psi. Certaines études semblent suggérer des corrélations des EEG entre sujets isolés. Ce type de corrélation a aussi été mis en évidence par IRMf. Une activité cérébrale avant présentation d'un stimulus visuel a aussi été mise en évidence dans une expérience sur le pressentiment . Cependant, une étude récente utilisant aussi l'IRMf, n'a trouvé aucune différence d'activation cérébrale entre une tâche psi une tâche similaire non psi. Les auteurs de ce dernier travail affirment que leur recherche apporte une preuve forte en défaveur de l'existence du psi.
Critiques
La parapsychologie est largement controversée dans la communauté scientifique et par les sceptiques (ou en France les tenants de la Zététique) :
- Elle est premièrement contestée en raison de son incapacité à prouver de manière indubitable l'existence de son objet d'étude (le Psi).
- On lui reproche ensuite aussi le plus souvent la faiblesse de ses protocoles expérimentaux et le manque de rigueur des parapsychologues, qui tirent des conclusions hasardeuses par rapport aux résultats des expériences.
- Une autre critique majeure de la parapsychologie est qu'elle n'a jamais réussi à produire une expérience qui soit réplicable par tous (que le chercheur soit un croyant ou un sceptique) avec des résultats constants.
- Un autre reproche classique est qu'il s'agit d'un domaine de recherche largement envahi par la fraude, les chercheurs falsifiant leurs résultats.
- On parle aussi souvent dans la littérature sceptique de l'« effet tiroir », qui serait un biais de publication (un chercheur ayant tendance à publier des expériences ayants obtenus des résultats positifs mais à laisser celles ayant obtenus des résultats négatifs « dans le tiroir de son bureau », ce qui donne une mauvaise perception de l'état actuel de la recherche lorsqu'on lit l'ensemble de la littérature publiée).
- Enfin, la parapsychologie se caractérise par un très petit nombre de chercheurs. Lorsqu'on ouvre une revue de parapsychologie, les mêmes noms reviennent, de numéros en numéros. Cet état de fait n'est pas une bonne chose pour une relecture critique des articles : en effet, le petit nombre de chercheurs publiant dans les revues de parapsychologie sont aussi les mêmes qui font parties des comités de lectures de ces revues.
La parapsychologie est souvent qualifiée de pseudo-science pour ces différentes raisons.
Les applications potentielles de la parapsychologie
Dans le domaine de l'archéologie
Il existe un certain nombre de travaux d'archéologie, et de découvertes archéologiques, qui ont été effectués avec l'aide de sujets psi. On peut notamment citer les travaux de Stephan Schwartz qui ont principalement pour but de déterminer des lieux de fouille grâce au croisement d'informations données par des sujets psi. Cependant, on remarquera qu'il est souvent difficile de déterminer précisément dans quelle mesure les informations proposées par les sujets psi ont permis de faire des découvertes.
Dans le domaine du renseignement
Les travaux les plus connus sur le sujet sont ceux effectués sous l'égide de la CIA, dont le dernier nom de code fut « Stargate ». Durant près de 20 ans, un programme top secret fut dirigé par la CIA et impliquait un groupe de sujets psi sélectionnés et entrainés en vue d'applications dans le domaine du renseignement. Le sujet censé être le plus doué dans cette équipe, Joe McMoneagle, a reçu la croix du mérite pour son travail. La CIA a demandé à deux observateurs, Ray Hyman et Jessica Utts, de juger les résultats de ces travaux. Leurs avis divergent. Leurs rapports sont consultables en ligne.
Dans le domaine de la recherche de personnes disparues
Il n'existe pas à l'heure actuelle d'étude fiable de grande ampleur sur le sujet. Il existe cependant un certain nombre de publications portant sur des personnes retrouvées à l'aide, voire parfois uniquement, d'informations données par des sujets psi. Cependant, comme d'habitude dans ce champ de recherche, les avis divergent. Pour certains, le fait que les sujets n'obtiennent pas toujours des résultats est suffisant pour fortement critiquer ce type d'application. Ce fut notamment le cas dans une affaire belge.
La situation en France
En France, la parapsychologie n'est pas reconnue comme une discipline scientifique et n'est enseignée dans aucune université publique. Elle est l'objet d'un enseignement limité à l'Institut Catholique de Lyon.
Le principal organisme de recherche sur le sujet est l'Institut métapsychique international, fondation reconnue d'utilité publique en 1921. Sous son égide s'est déroulé le Projet Agape concernant la télépathie entre les participants à deux groupes séparés phoniquement et visuellement. Ce projet a été mené avec la participation de plusieurs statisticiens toulousains appartenant à l'Université des Sciences Sociales, à l'Université Paul Sabatier et à l'INRA.
L'IMI créé en 1919, a notamment compté parmi ses membres fondateurs, Charles Richet, (prix Nobel de physiologie).
Le Groupe d'Études Expérimentales des Phénomènes Parapsychologiques (GEEP) comme la "Revue de Psychotronique" s'intéressent également au sujet.
Le laboratoire de zététique d'Henri Broch, propose pour sa part une approche sceptique de ces phénomènes, c'est-à-dire qu'il cherche, sans « a priori » et avec rigueur, à étudier les phénomènes « paranormaux » et notamment les phénomènes psi.
Astrologie
L‘astrologie est l'ensemble des systèmes de croyances organisés en vue d'obtenir des renseignements sur les phénomènes terrestres à partir de l'observation et de l’interprétation des phénomènes célestes.
À la fois populaire et controversée, l'astrologie n'a plus aucun fondement scientifique. En effet, bien qu'elle soit partiellement fondée sur des phénomènes observables, elle constitue un système d’interprétation qui ne répond pas aux critères scientifiques d'objectivité et de rationalité. C’est uniquement en tant que pratique sociale, système de croyances ou construction symbolique qu’elle peut constituer un objet d’étude scientifique, notamment pour les sciences humaines (histoire, ethnologie, sociologie...).
L'astrologie apparaît comme un système d'interprétation de l'horoscope (voir l'article dédié). Ses versions populaires sont les horoscopes des revues ou les affinités des signes du zodiaque (voir l'article astrologie populaire). Si elles sont généralement considérées comme des échos lointains et déformés de l'astrologie historique, elles en restent sa manifestation et son expression la plus répandue. L'usage populaire du terme astrologie renvoie presque toujours à l'astrologie occidentale, auquel le présent article est principalement consacré. Des articles dévolus aux astrologies développées dans d'autres cultures sont proposés à l'état d'ébauche.
Plusieurs sens sont attachés au terme même d'astrologie, dont la distinction s'avère nécessaire pour clarifier un certain nombre de débats. En effet, certains astrologues considèrent leur pratique seulement capable de décrire les traits de la personnalité d'un individu, d'autres assurant qu'il est possible de décrire les différents cheminements de leur vie, voire leur lointain avenir.
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Étymologie
Le mot « astrologie » vient du grec αστρολογία , de άστρον , astron, ("étoile") et λόγος (logos), qui a de nombreuses significations liées à la notion de « discours » : - λογία est un suffixe désignant d'une manière générale une discipline ou une matière d'enseignement. Étymologiquement, l'astro-logie n'est qu'un « discours sur les astres » : elle s'intéresse principalement au soleil et aux planètes du système solaire.
Histoire de l'astrologie
Origine historique

Universum - C. Flammarion, gravure sur bois, Paris 1888, Coloris : Heikenwaelder Hugo, Wien 1998.
Remontant à la plus ha
ute antiquité et peut-être même au delà, l'astrologie est née de la prise de conscience d'une relation entre les saisons et le mouvement apparent des astres, menant l'homme à diviniser ces derniers. Ces considérations relèvent alors principalement d'une pratique astronomique (qui établit une corrélation de fait entre la carte du ciel et les saisons). Elles amènent à formuler l'hypothèse que les mouvements des astres sont la cause même de ces phénomènes (et non un phénomène corrélé, conséquence d'une cause commune). Dès lors, le travail d'observation (calcul des éphémérides, production de calendriers) est mené de front avec un travail, pourtant distinct, d'interprétation. L'objectif est d'établir, sur le modèle des constatations astronomiques, un certain nombre de conjectures sur une influence non plus météorologique et calendaire, mais humaine (personnalité, destin). Cette idée d'une correspondance symbolique entre la configuration céleste et les affaires du monde a progressivement conduit à la construction d'un symbolisme astrologique.
Les différents niveaux d'interprétation (conjectures physiques et conjectures humaines) cohabitent un certain temps, puis vont progressivement en se dissociant. Ce développement des pratiques donnera naissance à l'astronomie (qui s'en tient à l'observation, à la description et aux prédictions calendaires), laissant à l'astrologie les aspects ésotériques de conjectures sur les liens entre le ciel et la conduite des activités humaines.
Son support étant les astres, l'astrologie est l'une des pratiques divinatoires particulièrement répandues dans l'histoire des cultures. On peut ainsi citer l'existence spécifique d'astrologies maya, arabe, égyptienne, chinoise, et bien sûr occidentale (dont il est principalement question dans cet article).
Antiquité
Les premiers écrits connus concernant les astres remontent à 5000 ans, sous la forme de tablettes d'argile sur lesquelles ont été consignés tous les relevés des mouvements planétaires observés par des prêtres érudits de Mésopotamie. Ces observations étaient faites dans un cadre religieux. Le mouvement des astres étant perçu comme volonté divine ; les prêtres ou astrologues servant de traducteurs. Cela peut donc être considéré comme l'origine de l'astronomie. Toutefois, les plus vieux horoscopes connus proviennent de Babylone et datent de 410 av. J.-C.
De Chaldée, cette astronomie-astrologie se répand en Grèce après les conquêtes d'Alexandre le Grand. De là elle se répandra dans tout l'empire grec, en Inde, en Égypte puis jusqu'à la Rome antique tout en devenant plus structurée, moins religieuse et donc plus populaire. La division du ciel en douze signes zodiacaux et le premier horoscope connu date du Ve siècle av. J.-C. En Grèce, Hippocrate et Galien (à l'exemple sans doute des prêtres égyptiens) feront de l'astrologie l'un des fondements de la médecine, associée à la théorie des quatre éléments.
Parallèlement à cette astrologie, des systèmes différents se forment en Chine, en Amérique précolombienne et sans doute dans d'autres civilisations. Mais l'astrologie chinoise et l'astrologie chaldéenne sont les seuls systèmes ayant perduré jusqu'à nos jours. Tous les systèmes d'astrologie actuellement connus dérivent d'un de ces deux systèmes (ou des deux, cas de l'astrologie tibétaine). L'astrologie chaldéenne est toutefois celle qui a connu la plus grande diffusion et la plus grande influence.
La première synthèse magistrale de l'astrologie, le Tetrabiblos, fut écrite par l'alexandrin Ptolémée en 140, jetant les bases et principes de ce qui va devenir l'astrologie occidentale.
Moyen-Âge et Renaissance

Le jugement dernier, peinture en style orthodoxe byzantin sur les murs du monastère Voroneţ construit en 1488 en Roumanie. On y voit, à gauche, le paradis avec les saints et l’Arbre de la Vie ; à droite les enfers avec des démons et le feu qui descend dans les abysses, et, en haut, l’image contemplative du Christ tout puissant. À droite et à gauche du Christ, on voit les signes du zodiaque .

Mosaïque du VIème siècle de la synagogue de Beit Alpha, Israel, représentant les signes du zodiaque.
Pendant la période chrétienne, l’astrologie connaitra une situation ambigüe. Mise au ban de la société par l’Église, comme toutes les pratiques divinatoires, lors du concile de Tolède de l’an 447, elle est pratiquée dans les cours royales, et continue à être étudiée par les érudits, même religieux (Albert le Grand, maître de Thomas d'Aquin, est l’auteur d’un traité d’astrologie). Charles V s’occupait d’astrologie et fonda à Paris un collège d’astrologues. Louis XI consultait les siens en toutes circonstances. Catherine de Médicis avait fait élever en son hôtel (Hôtel de Soissons) une colonne du haut de laquelle elle consultait les astres avec Nostradamus. Elle avait un astrologue personnel, nommé Côme Ruggieri. Louis XIII fut surnommé le juste, parce qu’il était né sous le signe de la Balance. L’astrologie est également en faveur sous les empereurs Charles IV du Saint-Empire, et Charles Quint avait prescrit l’enseignement de cette science, ce que préconisaient d’ailleurs beaucoup d’hommes éminents de l’époque. Elle fut à l’honneur à Rome sous les papes Sixte IV, Jules II, Léon X, et Paul III.
À la Renaissance, la découverte de l’héliocentrisme du système solaire (qui paradoxalement a été imaginé et défendu par les astronomes / astrologues de l’époque) vient saper le fondement anthropocentriste de l’astrologie qui ne trouve plus sa place dans la nouvelle description du monde par la science. Pic de la Mirandole (puis Jérôme Savonarole reprenant les arguments de celui-ci) l’ont largement condamnée. On peut remarquer que ce n’est pas le cas d’astronomes comme Galilée et Kepler qui pratiquaient l’astrologie, de même que Tycho Brahé, ou Cassini, le premier directeur de l’Observatoire de Paris. Dans la préface de ses Tables Rudolphines, Kepler fait observer que l’astrologie, toute folle qu’elle est, est la fille d’une mère sage, et que la fille folle est indispensable pour soutenir et faire vivre sa mère. C’était encore vrai au temps de Kepler, qui était obligé de faire des horoscopes pour gagner sa vie.
En France, sous la pression des jésuites, Colbert la raye des disciplines académiques et en interdit l’enseignement en faculté en 1666. Le poste d’astrologue royal est supprimé à cette époque. Un Essai de justification de l’astrologie judiciaire (BM. Angoulême MS 23) 1696 ne sera jamais publié.
En Angleterre, elle ne sera rayée des disciplines académiques qu’un siècle plus tard. Isaac Newton l’étudie encore en université, « pour voir ce qu’il y a de vrai ». De fait, les premières tables lunaires calculées ensuite d’après la théorie de Newton, furent d’abord destinées à servir aux observations des astrologues.


Glyphes astrologiques représentant le Soleil, la Lune, Pluton et les planètes (comprenant la Terre).
Des Lumières à l'époque moderne
L'astrologie est considérée par les penseurs des Lumières comme l'exemple archétypal de la superstition, de la croyance dans des forces occultes et supérieures. Pour eux, combattre l'astrologie semble relever d'un combat général ainsi que d'un engagement politique en faveur de la laïcité et du rationalisme, contre l'obscurantisme. Assez paradoxalement, leurs arguments critiques contre l'astrologie apparaissent moins logiques que rhétoriques (utilisation d'arguments principalement polémiques ou d'autorité plutôt qu'une démarche raisonnée).
En cette toute fin du XVIIIe siècle, époque du rationalisme triomphant, le divorce entre l'astronomie et l'astrologie est ainsi finalement prononcé.
Au XXe siècle, l'astrologie réapparait dans des almanachs, magazines, puis émissions radiophoniques. L'astrologie trouve aussi une place considérable dans le mouvement new age.
Ses nouvelles versions affirment intégrer les valeurs symboliques des planètes orbitant au-delà de Saturne et des astéroïdes ainsi que de nouvelles théories: intégrant les connaissances modernes, elle recherche une approche symbolique fondée sur la psychologie.
La validité de l'astrologie commence à être étudiée scientifiquement notamment au travers de l'astrologie statistique, dont les résultats tendent à infirmer l'existence des effets allégués (voir ci-après).
Pratiques actuelles

L'astrologie recouvre au début du XXIe siècle des pratiques et des approches très différentes, au point qu'il est plus juste de parler d'astrologies au pluriel.
Ces astrologies existent sous plusieurs formes qui diffèrent par leurs symboliques et les techniques utilisées, et sont appliquées à un grand nombre d'objets différents. La symbolique des astres et de leurs mouvements est très souple, pouvant changer suivant le contexte et l'école de l'astrologue. Il existe de nombreuses écoles : astrologie humaniste, astrologie psychologique, astrologie conditionnaliste etc. Elles diffèrent également selon les objets ou les domaines auxquels elles sont appliquées, que ce soit par exemple en psychologie, ou comme prévision, en politique, en bourse, en médecine. Chaque objet a des symboliques propres et parfois des techniques particulières.
Les astrologies les plus en vogue actuellement en occident sont l'astrologie occidentale, fondée sur le calendrier solaire, et l'astrologie chinoise, fondée sur le calendrier chinois. Cette dernière s'est répandue en Europe occidentale vers la fin des années 1970. Ces astrologies existent sous plusieurs formes qui diffèrent par leurs symboliques et les techniques utilisées. Elles diffèrent également selon les objets ou les domaines auxquels elles sont appliquées, que ce soit par exemple en psychologie, ou comme prévision, en politique, en bourse, en médecine. Chaque objet a des symboliques propres et parfois des techniques particulières.
Si les données de base de l'astrologie occidentale restent l'établissement d'une carte du ciel (voir l'article Horoscope), celle-ci est en constante évolution, ce qui induit un certain nombre de divergences entre astrologues. Ces divergences existent dès l'époque traditionnelle, portent sur différentes méthodes pour le calcul des positions des maisons, renvoyant à différentes écoles d'interprétation).
Au XXe siècle, l’astrologie connaît un regain d’intérêt avec une approche nouvelle. Des ingénieurs, psychologues et statisticiens abordent cette discipline à l'aide d'une démarche et de moyens de recherche scientifiques. Voir ci-après.
Aujourd'hui, on peut diviser l'astrologie occidentale en trois branches :
- une astrologie individuelle, qui s'intéresse au thème de naissance d'un individu,
- soit sous l'angle de sa psychologie pour lui faire prendre conscience de lui-même (astrologie fortement influencée par la psychologie et les approches psychanalysantes) ;
- soit sous l'angle de son chemin de vie, pour lui indiquer les différentes phases de sa vie, moments de transformation, et périodes critiques ;
- soit sous l'angle de ses relations avec les autres, en mettant en relation les thèmes de naissance de plusieurs personnes.
- l'astrologie des horoscopes, directement héritée du Moyen Âge, remise en vogue par les magazines commerciaux dans sa version populaire, qui prétend prédire pour chaque signe astral, les grandes tendances du moment. Cette astrologie devrait probablement plus être considérée sous l'angle du phénomène social, car elle est extrêmement populaire malgré son imprécision fondamentale. Pour cette raison, cette caricature de l'astrologie discrédite probablement l'astrologie « sérieuse ». Fondé (quand il est établi sérieusement) sur une version simplifiée des modèles astrologiques classiques, l'horoscope est généralement considéré par le public qui en est friand, comme une simple distraction sans implications.
- l'astrologie événementielle, qu'il s'agisse de prédire les grands évènements ou l'évolution de la bourse. L'astrologie boursière a fait son apparition au milieu des années 1990, son but étant de prévoir l'évolution des indices boursiers.
Ces pratiques sont aujourd'hui toutes sujettes à critiques et à controverse (voir ci-dessous).
Controverse majeure
Généralités

L'astronome Copernic en conversation avec Dieu. Jan Matejko, 1872
L'astrologie est depuis longtemps un sujet de controverse et de critiques (philosophique, théologique, scientifique, épistémologique). Essentiellement développés autour de l'astrologie occidentale, les éléments des débats se sont peu à peu généralisés à l'ensemble des pratiques astrologiques. Parfois condamnée dans l'antiquité (l'astrologie, au même titre que tous les arts divinatoires, est interdite par la Bible), elle est peu à peu rejetée par la science qui lui reproche son absence de base rationnelle. St Augustin, dès le IVe siècle, (De civitate Dei", VIII, xix) s'élève sur cette base contre la confusion faite entre l'astrologie et l'astronomie.
Ce débat sur les causes, bien que toujours présent, s'est aujourd'hui élargi à une critique objective de la réalité des effets décrits par les astrologues. Actuellement, l'astrologie n'est pas reconnue comme une science, ne disposant pas de bases rationnelles ni de preuves expérimentales, ni n'ayant le caractère de réfutabilité nécessaire pour être acceptée comme théorie scientifique. Néanmoins, les défenseurs de l'astrologie affirment que leur expérience personnelle montre des effets indéniables. Un certain nombre de partisans de l'astrologie admettent que leur discipline, n'ayant pas de cadre de référence rigoureux (méthodologie scientifique, recherche reconnue, publication scientifique vérifiée, etc.), puisse constituer le champ d'action idéal pour les charlatans, les fantaisistes et les escrocs. Ces pratiques déviantes leur apparaissent de nature à renforcer les a priori.
De ce constat s’est développé un certain nombre de procédés d'analyses et de protocoles d'études destinés à éclairer de façon objective la réalité des différents phénomènes (voir la section Nature du phénomène étudié).
Se référant au principe fondamental qu'il n'y a pas d'effet sans cause, la science relève deux objections majeures quant à la réalité des phénomènes mis en jeu. L'absence d'effet (les prédictions astrologiques ne font pas mieux que le hasard) et l'absence de cause (il n'y a aucun mécanisme justifiant une quelconque influence astrale). La recherche systématique des effets qui a conduit aux travaux dans le domaine de l'astrologie statistique. Quant à l'absence de cause, rédhibitoire pour un scientifique, elle n'est généralement pas reçue comme un argument pertinent par le monde astrologique, dont la vision du monde se fonde sur l'analogie plus que sur les causes efficientes.
Légitimité et légitimation de l'astrologie
Outre l'absence de fondements démontrés (aucune causalité identifiée, absence d'effets récurrents objectivement observables) et le développement de ces explications psychologiques, de nombreuses critiques ont vu le jour quant aux efforts déployés par un certain nombre d'astrologues pour légitimer de façon artificielle leur discipline. De façon semblable à ce que Collins et Pinch ont montré en parapsychologie, on peut considérer qu'un petit milieu d'astrologues "mime" les attitudes de la communauté scientifique. Ils font des expériences de type scientifique, ils publient leurs résultats, et s'efforcent de leur donner une visibilité sociale. Ils tentent ainsi de constituer une communauté scientifique à partir d'un domaine relevant des croyances traditionnelles. On peut voir là les effets de la scientifisation de notre société, où la science devient une source de légitimité incontournable. Le terme critique de pseudo-science, caractérisant les pratiques qui revendiquent << verbalement >> la rigueur scientifique sans en appliquer les principes, peut donc s'appliquer à l'astrologie.
Difficulté du dialogue
Problématique
Les astrologues remarquent inversement une grande difficulté de dialogue avec les sceptiques. Ils soulignent les manifestations d'une hostilité de principe face à des projets d'études collaboratives. Selon eux, les sceptiques rejettent une matière qu'ils refusent d'examiner, évoquant par ailleurs l'existence d'une « pression sociale contre l'astrologie ». La principale raison du rejet des scientifiques pour l'astrologie leur apparait ainsi plus culturelle que réellement rationnelle.
L'image négative (charlatanerie) de l'astrologie impliquerait que le scientifique qui souhaiterait la défendre publiquement court le risque d'être discrédité par ses pairs. Cette objection est partiellement valide, en tant qu'elle met en lumière la tension interne entre « science établie » et la liberté de recherche scientifique (domaines d'études). La critique de l'astrologie par les philosophes des Lumières reste à cet égard l'exemple historique le plus célèbre d'une « critique de principe ».
Cependant, il est faux de dire que scientifiques et sceptiques n'ont jamais étudié la question. Bien au contraire, de nombreux protocoles d'expérimentation ont été proposés aux astrologues depuis les années 1970, et de nombreux chercheurs du début du siècle se sont attelés à une étude statistique de l'astrologie (astrologie statistique). Les expérimentations menées dans ce domaine sont cependant limitées par l'absence d'une définition précise de l'effet recherché, et les difficultés de sa caractérisation éventuelle.
La motivation de la lutte contre l'obscurantisme n'est pas en soi un argument contre l'astrologie. Elle peut néanmoins sous-tendre un discours réellement argumenté. La confusion entre les dimensions idéologiques et argumentatives génère un débat souvent stérile, difficilement analysable. On citera pour exemple le cas du manifeste contre l'astrologie publié en 1975 par un certain nombre de sommités. Celles-ci présentent simultanément des faits critiques, et des affirmations polémiques, notamment lorsqu’elles décrivent l'astrologie comme une « superstition reposant sur la crédulité des gens ». Cette dévalorisation est souvent la seule partie du manifeste retenue par les partisans de l'astrologie, qui le résument comme un simple « rejet sans examen » de leur pratique.
Argument de la difficulté épistémologique du dialogue
L'impossibilité épistémologique de démontrer l'inexistence d'une chose illustre partiellement la difficulté intrinsèque du débat. Il est en effet impossible de rejeter « a priori » la possible existence d'une influence des astres («absence de preuve n'est pas preuve de l'absence»). Cependant, la longue histoire des recherches sur l'astrologie - pratique prédictive par essence - n'ayant à ce jour pas abouti, on dispose d'une accumulation d'études réfutant un grand nombre des paradigmes populaires de l'astrologie (voir partie consacrée à l'étude des paradigmes de l'astrologie). Dès lors, s'il existe une influence des astres, celle-ci semble ne pas être du ressort des astrologies existantes. En effet, au-delà de la recherche d'une théorie démontrant la possibilité d'un effet des astres, les travaux méthodiques cherchant à prouver l'existence de corrélations entre les évènements astrologiques et leurs supposés effets aboutissent à l'infirmation des paradigmes astrologiques. Or, pour pouvoir valider les hypothèses de l'astrologie, il est ab minima nécessaire d'observer un effet, avant même de chercher à en expliquer ses tenants.
L'argument de la difficulté épistémologique du dialogue apparait en fait fallacieux. En effet, l'astrologie est une pratique qui ne fournit pas les outils de sa propre réfutabilité, et qui reste par le fait hors du champ d'analyse de l'épistémologie. L'attitude des astrologues est de fait l'exemple retenu par Popper d'un discours qui refuse sa propre réfutation (ou "falsification" selon une mauvaise traduction : on entend par là sa possibilité d'être contredite, réfutée), interdisant ainsi une critique objective de ses affirmations.
L'astrologie cherche parfois à produire l'illusion de sa réfutabilité. À ce propos, il est à noter que certaines études menées par des astrologues retiennent des dispositifs expérimentaux qui tendent à produire des résultats systématiquement positifs.
Question de l'engouement du public
L'ensemble de ces polémiques présente un "cas d'école" d'un intérêt indéniable pour la sociologie des sciences et l'épistémologie.
L'engouement de vastes publics pour une pratique sans effets démontrés continue d'être mis en question, de façon souvent très rigoureuse et critique, par un grand nombre d'épistémologues et de sociologues. Les représentants des sceptiques (sceptiques anglo-saxons ou français) expliquent l'intérêt pour les horoscopes par l'effet Barnum et ses corollaires. Ces analyses les amènent à considérer publiquement l'astrologie comme une « superstition reposant sur la crédulité des gens ». Ceci est la position généralement adoptée par le monde scientifique.
Le constat de l'engouement du public invite aussi à une double réflexion sur ses implications économiques, mais aussi sur ses effets psychologiques (comportements induits par la croyance).
Nature du phénomène étudié par l'astrologie
Confrontation aux connaissances physiques et astronomiques
Si astrologie et astronomie ont en commun leurs racines historiques (voir Origine historique), les deux pratiques sont maintenant entièrement détachées et parfaitement distinctes (si ce n'est dans leur relative homophonie, toujours source de confusions). L'astrologie ne peut être élevée au rang des sciences physiques en raison de la maigre reproductibilité de ses résultats et de l’absence de causalité établie.
Effet physique réel des astres
L'astrologie occidentale prétend que les influences qu'elle décrit sont le fait des planètes, et non de celui des étoiles (qui sont à des années-lumière de nous). L'argument raisonnable selon lequel les étoiles sont trop loin pour avoir une influence physique sur nous, s'appliquerait à l'astrologie sidérale, mais pas à l'astrologie conventionnelle, dite « tropicale ».
Pour cette dernière, les planètes seules ont une influence, les constellations servant de "repère" (comme les chiffres sur une horloge). En d'autres termes, l'astrologie « tropicale » ne s'intéresse qu'à des corps appartenant au système solaire, et leurs déplacements par rapport au repérage arbitraire que constituent les signes du zodiaque.
L'argument d'une influence gravitationnelle a parfois été avancé pour justifier l'existence d'une action à distance, et de ce fait, certains astrologues font des calculs astrologiques sur une base héliocentrique, ce qui pourrait sembler cohérent avec l'explication d'une influence gravitationnelle des configurations planétaires sur l'activité solaire.
À ce jour, aucun effet direct des planètes sur le corps humain n'a été rigoureusement observé. Par ailleurs, les forces d'attraction en jeu lors du simple phénomène d'attraction Terre-Lune sont, à l'échelle du corps humain, infiniment moins important que ceux qu'exercerait un immeuble ou une armoire.
Enfin, les recherches statistiques (voir plus bas) qui auraient pu permettre de déceler une régularité des phénomènes astrologiques (influences) concluent à l'inexistence d'une telle régularité.
Problématique du rapport entre signes et constellations
Les signes du Zodiaque, qui servent de cadre de référence et d'analyse, correspondent aussi à des constellations situées sur l'écliptique. Si les traits astrologiques sont associés au passage des planètes dans les limites astronomiques de ces constellations, ce point pose deux nouveaux problèmes.
Les méthodes de calculs utilisées par les astrologues se rapportent à une "carte du ciel" immuable, fixe par rapport au point vernal. En regard, l'astronomie a depuis longtemps fait le constat du "déplacement" des constellations dans le ciel (de 30° ou un signe tous les 2200 ans). Cette dérive est liée au phénomène établi de précession des équinoxes. Le phénomène de la précession des équinoxes entraine une divergence entre la position réelle des astres à la naissance et leur position affirmée par le signe attribué : aujourd'hui le « zodiaque astrologique » est décalé de près d'un signe par rapport au zodiaque des étoiles. Les passages des planètes dans les limites des constellations ne correspondent donc pas à celui des planètes dans les signes. Ce fait conduit à un argument astronomique, souvent présenté par les détracteurs de l'astrologie: les rapports précis décrits dans les horoscopes réellement basés sur des conjectures astrologiques chiffrées (calculs astrologiques) décrivent un état des lieux révolu depuis plusieurs centaines d'années. Cet argument a récemment mené à la création d'une astrologie sidérale, fondée non plus sur des mesures internes au système solaire, mais sur la position réelle des étoiles.
D'autre part, lors de sa course le long du zodiaque tout au long de l'année, le soleil traverse treize constellations, les douze du zodiaque plus Ophiuchus. Cette dernière ne fait pas partie des constellations prises en compte par l'astrologie. Plus grave, les planètes -qui peuvent s'éloigner de l'écliptique de sept à huit degrés) traversent parfois d'autres constellations: Orion, la Baleine, le Corbeau ou la Coupe, le Sextant...
En pratique, ces faux arguments résultent d'une confusion (volontaire ou non) entre signes et constellations du zodiaque. Les "signes" ne sont que des secteurs réguliers de 30°, conventionnellement décomptés à partir du point vernal. Ils ne sont qu'un système de repérage arbitraire, et utilisé d'ailleurs par les astronomes jusqu'au XVIIIe siècle. Ils n'ont dès l'origine qu'un rapport lointain avec les constellations du même nom, dont les limites et positions sont évidemment irrégulières.
Prospections possible
Si l'influence gravitationnelle de la Lune est tout à fait mesurable, l'activité du soleil, elle, est un phénomène encore très mal connu et aucune influence sur les mécanismes biologiques et la psychologie humaine n'a encore été démontrée. Il est imaginable de prospecter ces domaines encore mal connus, et acquérir des données plus précises confirmant ou infirmant l'existence :
- d'une influence de la position des planètes sur la position du centre de gravité du système solaire par rapport au soleil, et l'influence qui pourrait en résulter sur l'activité de ce dernier ;
- d'une influence gravitationnelle directe de la lune et sa réflexion de la lumière du soleil ;
- d'une capacité des mécanismes vivants à se mettre en résonance avec des phénomènes cycliques (le plus connu étant évidemment les rythmes biologiques circadiens).
Rappelons néanmoins que les recherches statistiques (voir plus bas) qui auraient pu permettre de déceler une régularité des phénomènes astrologiques concluent à l'inexistence d'une telle régularité.
D'autres tentatives non classiques ont été imaginées suite aux critiques du monde scientifique.
- l'astrologie sidérale est issue de l'idée qu'il fallait suivre les étoiles, et non pas le point vernal. C'est cette approche qui est suivie par la tradition indienne et orientale de l'astrologie, mais sa version occidentale constitue une construction récente (et assez artificielle) sans lien direct avec ces traditions.
- l'Astrologie héliocentrique issue de l'idée ce n'est pas la terre qui est le centre du système solaire (C'est probablement fondé, mais on ne peut pas brutalement passer d'un système à l'autre sans adapter la manière d'interpréter.)
Si l'imagination peut extrapoler des moyens par lesquels les positions des planètes nous influenceraient, pour les transits et synastries, la question est encore plus épineuse puisqu'il faudrait en plus mettre en évidence des influences planétaires sur des systèmes biologiques qui auraient « enregistré » une trace des positions des planètes.
De même, mettre en évidence une explication physique des progressions serait encore plus ardu, dans la mesure où le passage symbolique « un an = un jour » ne repose sur aucune base objectivable, si ce n'est justement la base symbolique. Néanmoins, il faut rester prudent avant de la réfuter, dans la mesure où le cerveau utilise des mécanismes symboliques. Pour prendre un très mauvais exemple (il faudrait en trouver un meilleur, fondé sur des mécanismes inconscients) : dans la majorité des cas, les gens ne franchissent pas une lumière rouge pourtant aucun mécanisme physique n'est capable d'expliquer ce comportement.
Mise en question des effets observés
L'absence de cause identifiée n'interdit pas d'examiner la possibilité d'éventuels effets réguliers (dont la découverte permettrait, le cas échéant, de mieux identifier les causes). L'astrologie statistique est précisément la discipline qui affirme étudier d'éventuels « effets » réguliers, sans que ne soit identifié de cause à ces effets.
Confrontation avec un échantillon témoin
Contrairement à d'autres disciplines ésotériques, l'astrologie annonce qu'elle peut prévoir, notamment, des événements très précis et facilement vérifiables. En ce sens, des protocoles de tests permettant de la juger sont aisés à mettre en place. Ces protocoles comparent les prévisions des astrologues sur des sujets précis à des prévisions aléatoires émises par des sceptiques ou des ordinateurs. Les prévisions des astrologues sont alors validées si elles sont de meilleures qualités que les prévisions aléatoires. On peut citer le test sur 22 prévisions de l'an 2000 entre Elisabeth Tessier qui écrit régulièrement qu'elle situe son niveau de réussite à 80 %, voire 90 %, un sceptique et un ordinateur . Résultat : Ordinateur 8 réussites, Elisabeth Tessier et Sceptique 7 réussites. De nombreuses expériences de ce type ont eu lieu. Le cercle zététique de l’université de Nice a créé le Défi zététique international. L’intérêt de ce dernier test est qu’en échange d’un test gratuit, l’astrologue reçoit 200 000 euros en cas de succès. Comme le risque financier est nul pour un gain potentiel énorme, on peut estimer que les astrologues ne se présentant pas à ces tests, ne croient pas à leur don. Après quelques années de fonctionnement, le test fut arrêté faute de combattant. Curieusement, très peu d’astrologues ont concouru, on peut donc en conclure que la partie de la population qui croit le moins en l’astrologie sont les astrologues eux-mêmes. Toutes disciplines confondues, il y a eu 250 tests et zéro réussi
Un autre test réalisé sur 100 personnes qui jugeaient l'exactitude des prévisions que l'on faisait sur eux montrait que les astrologues avaient exactement le même taux de succès qu'un système aléatoire
Approche statistique
A la suite de nombreuses publications
En 1993 parait cependant, dans Les cahiers conditionnalistes, une étude statistique qui démontrerait une corrélation entre les aspects Mercure-Saturne et les qualités de joueur d'échecs. Bien que l'objet théorique de cette étude soit fort restreint, la confirmation de sa validité contredirait le dogme de l'impossibilité d'une influence des astres. Cette étude n'est cependant pas issue de la presse scientifique reconnue au niveau universitaire, et doit donc être prise avec toutes les précautions requises.
Les défenseurs de l'astrologie, comme certains détracteurs des sciences humaines, apparentent parfois l'astrologie aux sciences humaines, argüant de l'utilisation de la recherche statistique et d'une étude d'effets sans cause physique établie. Cette comparaison est évidemment fallacieuse, l'astrologie statistique représentant une activité très différente de l'astrologie elle-même. Il est à noter que l'astrologie statistique est d'ailleurs une activité très marginale, dont les principes méthodologiques de base ne sont pas nécessairement connus des astrologues.
Si l'astrologie définit relativement clairement les différentes significations des éléments d'un thème astral (voir symbolisme astrologique), l'étape de l'interprétation n'est en revanche pas clairement codifiée. De fait, la complexité de cette interprétation et son caractère subjectif semble plutôt l'apparenter à un art. Les résultats étant toujours présentés comme liés au « talent » et à l'expérience de l'astrologue (pour être recevable aux yeux de ses défenseurs, l'analyse doit être faite par un "praticien compétent"). Dès lors, il est impossible d'étudier les méthodes astrologiques actuelles selon les critères scientifiques de reproductibilité. Cet aspect est vivement critiqué par les sceptiques, cet argument précis étant justement utilisé par les charlatans pour opérer une sélection a posteriori de leurs prédictions. Il a été démontré par Henri Broch que la variabilité des résultats présentés par des sujets réputés doués correspond précisément aux résultats de prédictions "aléatoires". Cette démonstration, très facilement reproductible, est consultable dans l'ouvrage "Devenez sorcier, devenez savant".
En parallèle, une autre approche se fait jour avec des astro-psychologues qui développent parallèlement un nouveau courant de pensée astrologique, basé sur les connaissances ouvertes par la psychanalyse. Ils rejettent la démarche scientifique appliquée à l’astrologie et en récuse le bien-fondé. Carl Gustav Jung qui défend à ce moment-là les concepts de symbolisme, de synchronicité et d’archétype, craint que « l’influence niveleuse des grands nombres, de prouver quelque chose par la méthode statistique dans le domaine de l’astrologie ». Dane Rudhyar, promoteur d’une astrologie humaniste, déclare qu’elle « n'a pas pour objet principal et immédiat de prédire des évènements sous forme de probabilités statistiques, mais d'enseigner […] l'ordre et la "forme" qui font le sens de l'existence individuelle et des luttes jalonnant le chemin de la réalisation de soi. »
Question des succès prédictifs
Les prédictions et les conjectures astrologiques sont soumises à la double question de la précision de l'information formulée et de la subjectivité de son destinataire. Il semble intéressant pour qui manipule les résultats d'une prédiction d'analyser le degré d'information qu'elle contient, c’est-à-dire à la fois son caractère informatif réel (voir effet Barnum) et la quantité d'éléments présentés.
Plusieurs éléments cités aux points précédents (confrontation à un échantillon témoin et approche statistique) apportent une explication objective à l'existence de nombreux succès prédictifs de la part des astrologues. En effet, l'illusion statistique qui consiste à ne présenter que les "succès" (cas des fraudes caractérisées) soit à ne se souvenir que des prédictions efficientes (phénomène purement psychologique) explique de façon rigoureuse une partie réelle des succès présents dans l'imaginaire populaire.
Par ailleurs, certains succès prédictifs s'expliquent par la probabilité objective de l'occurrence d'un évènement. Exemple fameux : prédire la mort d'un pape dans l'année, durant les dernières années de la vie de Jean-Paul II, était pour les astrologues un pari apparemment facile au vu de la très mauvaise santé du souverain pontife. Sa longévité a infirmé année après année ces prédictions, présentées comme solides. Il est à noter que l'année de sa mort, ces mêmes astrologues pouvaient comptabiliser cette prédiction comme un "succès".
Les bilans prédictifs des astrologues (récapitulation des prédictions justes, au terme d'une série de séances ou d'une année) ne présentent généralement que les "succès" prédictifs, occultant les erreurs. Si l'on suppose la précision égale des prédictions, cette comparaison s'avèrerait pourtant intéressante. La constitution d'un grand nombre de ces bilans prédictifs par les zététiciens démontre, selon le modèle présenté plus haut, que les succès sont attribuables au hasard dans tous les cas étudiés.
Comportements induits par la croyance en l'astrologie
Des études sérieuses montrent enfin que la croyance en l'astrologie induit une modification des comportements des croyants, qui peuvent présenter une réelle tendance à conformer leurs actions avec les "prédictions" de l'horoscope. Le facteur psychologique apparait donc essentiel dans la compréhension de l'engouement pour l'astrologie, ainsi que dans l'interprétation des phénomènes.
Astrologie et société
Astrologie et pouvoir politique
Dans l'Empire romain, alors même que l'astrologie est très populaire, les astrologues furent mis hors la loi par décret dès 130 avant J.-C. La "mode" astrologique continuant, l'empereur Tibère met en place une législation restrictive des pratiques divinatoires et impose des critères de qualité à la profession d'astrologue (sous la suggestion de son conseiller Thrasyllus, lui-même astrologue). Ces législations sont renouvelées un siècle plus tard par Hadrien, lui-même astrologue amateur.
On retrouve la même préoccupation mille ans plus tard, quand Alphonse X de Castille, auteur de traités astronomique et astrologique, édicte que "La divination du futur par les astres est autorisée pour les personnes correctement formées à l'astronomie".
Jusqu'à la fin du XXe siècle, en France, le Code Pénal comportait dans sa partie règlementaire l'article R-34 sanctionnant "les gens qui font métier de deviner ou de pronostiquer".Cet article a été supprimé par la réforme du code pénal, sous la présidence de François Mitterrand.
On peut néanmoins remarquer que la Loi sanctionne des pratiques et des faits, non des pensées: ces interdictions ne s'adressent donc pas à l'astrologie en tant que telle, mais aux troubles sociaux qu'entrainent les pratiques des charlatans qui s'appuient sur l'astrologie. En un sens, dans le domaine de l'astrologie, la loi ne sanctionne pas l'influence indue des astres, mais bien l'influence indue des astrologues.
L'industrie moderne de l'astrologie
Problématiques philosophiques
Question du libre arbitre


Ptolémée
Dans le Tetrabiblos, Ptolémée répond déjà à la critique centrale de l'astrologie, son lien avec le déterminisme, en affirmant : « Les astres inclinent mais n'obligent pas ». De même, il souligne l'importance de la situation de naissance du sujet (hérédité génétique et sociale) dans les interprétations : "Le ciel ne donne pas à l'homme ses habitudes, son histoire, son bonheur, ses enfants, sa richesse, sa femme… mais il façonne sa condition".
Le relai de cette critique est pris par les théologiens, pour lesquels la doctrine astrologique met en danger la notion de responsabilité individuelle de l'homme face à ses actes.On trouve trace de cette préoccupation dès l'interdiction biblique (Deutéronome 18:10-12): "On ne trouvera chez toi personne qui fait le métier de devin et de mage", interdiction relayée par les moqueries des prophètes (par exemple, Isaïe 47:12-14). Au Ve siècle, le concile de Tolède déclare "si quelqu'un croit devoir ajouter foi à l'astrologie ou à la divination, qu'il soit anathème".Au XIIe siècle, Thomas d'Aquin écrit, dans sa Somme théologique : « Beaucoup d'hommes obéissent à leurs passions, auxquelles le sage résiste. C'est pourquoi, le plus souvent, ce qui est prédit d'après l'observation des astres au sujet des actions humaines se vérifie », les actions humaines en question concernant par exemple les labours ou la navigation, sur laquelle il mentionne l'influence de la Lune. Mais il indique aussi, reprenant un argument d'Origène : « il faut bien se garder de croire que la liberté de l'homme soit soumise à l'influence des astres ; car alors, il n'y aurait plus de libre arbitre, sans lequel les hommes ne feraient aucun acte de vertu, digne de récompenses, ni aucune mauvaise action qui méritât d'être punie ». Il s'oppose donc au déterminisme astral intégral, qui conduirait à la négation du libre arbitre et à l'idée d'une production planétaire (et donc hérétique) du divin (cf. Dante).
Pour le théologien, ce n'est pas l'idée que les astres puissent avoir une influence sur le comportement humain qui est en soi condamnable. Ce qui est "une abomination devant l'Eternel" (Dt 18:12) c'est d'accorder une importance absolue à cette éventuelle influence au point de suggérer que le destin "est écrit", et donc que les hommes ne sont pas libres.
Loin de nous laisser impressionner par le déterminisme et par la fatalité que propagent les astrologues (même sans le vouloir), libérons-nous, et diminuons les astres. Qu'ils nous éclairent et nous aident, mais sans toucher notre pleine responsabilité et liberté. (Thomas d'Aquin , Lettre à Réginald de Piperno)
Généralités
- Il y a eu plusieurs éditions de L'Astrologie chez Que Sais-je, PUF
- version 1951 (multiples rééditions actualisées jusque dans les années 80, épuisée), par Paul Couderc, avec une approche scientifique attaquant l’astrologie (en relation avec l’Union rationaliste)
- version 1989 (retirée de la vente), par Suzel Fuzeau Braesch, pro-astrologie
- version 2005, par Daniel Kunth et Philippe Zarka, texte qui rappelle quelques définitions et évidences et montrent ainsi que l'astrologie se place en dehors du domaine scientifique, par le défaut de sa méthode
Astrologie à Rome
- Béatrice Bakhouche, L’astrologie à Rome. Louvain : Peeters, 2002, 241 p. (ISBN 2-87723-632-3).
- Béatrice Bakhouche, Alain Moreau et Jean-Claude Turpin, Les astres, tome I : Les astres et les mythes. la description du ciel. Actes du Colloque international de Montpellier (23-25 mars 1995), Publications de la Recherche, Université Paul Valéry - Montpellier III, 320 p. (ISBN 2-905397-96-9).
- Béatrice Bakhouche, Alain Moreau et Jean-Claude Turpin, Les astres, tome II : Les correspondances entre le ciel, la Terre et l’homme. Les « survivances » de l’astrologie antique. Actes du Colloque international de Montpellier (23-25 mars 1995), Publications de la Recherche, Université Paul Valéry - Montpellier III, 296 p. (ISBN 2-9053-97-98).
- Béatrice Bakhouche, Les textes latins d’astronomie : un maillon dans la chaîne du savoir. Louvain : Peeters, 1996, 347 pages, (ISBN 2-87723-292-1).
Astrologie occidentale
- Speculum astrologiae. Quod attinet ad judiciariam rationem nativitatum atque annuarum revolutionum: cum nonnullis approbatis Astrologorum sententiis. Rerum catalogum sequens pagina indicabit. [Avec :] - Compendium de stellarum fixarum observationibus. Opus mathematicae studioso utilissimum.- Tabulae resolutae astronomicae de supputandis siderum motibus, secundum observationes Nicolae Copernici, Prutenicarumque Tabularum. Lyon, Phillipe Tinghi (imp. par Pierre Roussin), 1573. Ce « Miroir de l'astrologie » de Francesco Giuntini est, selon Caillet, « un des plus célèbres et le principal monument de l'Astrologie ancienne ». Ce traité très complet, outre une défense de l'astrologie, donne les nativités de très nombreux personnages célèbres et des tables astronomiques selon Copernic.
- Richard Pellard, Manuel d'astrologie universelle, Editions Dervy 1991. Une approche "rationnelle" et conditionaliste de l'astrologie contemporaine.
- Jacques Vanaise, L'Homme-Univers, éditions Le Cri, Bruxelles, 1993
- Jacques Vanaise, La Légende des Signes (Le zodiaque : un échiquier de vie), éditions Le Cri, Bruxelles, 2005
- Charles Vouga, Une astrologie pour l'ére du Verseau, Edition du Rocher
- Charles Vouga, Astrologie expérimentale, Edition du Rocher. Une approche « non causale » des « phénomènes astrologiques ».
Analyse critique
- Henri Broch, Au cœur de l'extra-ordinaire, Editions Book-e-book. Ouvrage consacré aux pseudo-sciences et croyances erronées, avec un long chapitre consacré à l'astrologie, ses principes, ses failles de raisonnement et ses aberrations.
- S. Bret-Morel, Le déclassement de Pluton, à moyen terme un enjeu majeur pour l'astrologie ? 2007. Dossier critique sur les questions gênantes que devraient poser prochainement les nouvelles planètes naines à l'astrologie : technique, méthodologie, génération d'un symbolisme astrologique.
- S. Carlson, A double-blind test of astrology, Nature, 318, pp. 419-425, 1985.
- Hugues de Chanay, "Impatience dans l’azur : les pages d’horoscopes d’Elisabeth Teissier", in Ch. Boix (2007, éd.) Manipulation, argumentation, persuasion, Paris : l’Harmattan, 295-342.
- R. Culver & P. Ianna, Astrology: true or false ?, Prometheus books, New-York, 1988.
- Suzel Fuzeau Braesch, La Preuve par deux, Robert Laffont, 1992. C'est un livre "pro astrologie"
- Frédéric Lequevre, Astrologie : art, Science ou Imposture ?, collection Zététique, Horizon Chimérique, Bordeaux (1991) ISBN 2-907202-25-1
- Jean-Paul Krivine, Mars ne s'intéresse pas aux sportifs, De nouvelles planètes dans la mare des astrologues
- D. Lesueur, l'astrologie en questions, Ciel et Espace N° 254, janvier, p. 32
- Galipernic Newstein (de : Galilée, Copernic, Newton, Einstein) L'astrologie ou comment avoir toujours raison, Ciel et Espace N° 254, janvier 1991, p. 36
- Jean-Claude Pecker, 5 réponses à un amateur d'astrologie, L'astrologie et la science, La Recherche N° 140, janvier 1983, p. 118 (voir aussi le numéro 142, pp. 371-372 ; Astrologie: le débat continue, réponses à G. Preschoux et M. Gauquelin.
- Michel de Pracontal, L'imposture scientifique en 10 leçons, Poche/Biblio Essais, 1986.
- L'article astrologie de la Revue encyclopédique remise édité par le collectif remise. Document de synthèse présentant un historique détaillé et particulièrement bien sourcé sur la controverse (présentation accessible du discours sceptique).
- Michel Rouzé, La Néo-astrologie au banc d'épreuve, cahier AFIS N° 125, septembre, p. 1, 1982, L'astrologie mesurée par le physicien, Science et Vie N° 825, juin, p. 62, 1986
- Évry Schatzman, La croyance en l'astrologie et l'honneur de la presse, Le Monde, 4-5 janvier 1987, p. 30
Cartomancie
La cartomancie est un art divinatoire utilisant les tirages de cartes : divination par les cartes ou carto-mancie.
Les cartomanciennes sont, pour beaucoup, de simples "diseuses de bonne aventure". Cette pratique ne reposant sur aucune base scientifique, elle reste tout au plus un loisir et non un acte de "divination" risquant d'abuser de la crédulité des gens.
Historique
La cartomancie apparaît au siècle des Lumières dans la période pré-révolutionnaire avec le franc-maçon Etteilla pour le jeu de 32 cartes [Le petit Etteilla ou L'Art de tirer les cartes 1753 publié en 1791] et atteint son apogée avec la Sybille de la Révolution et de l'Empire, Adelaïde Lenormand pour le jeu de 52 cartes [1768 - 1843 : 1845 publication posthume du Grand Jeu de Société : Les cartes Astro-Mytho-Hermétiques].
Anciens tarots et tarot à jouer
La pratique cartomancique française repose sur le Jeu des Quatre Couleurs : piques, cœurs, carreaux et trèfles. De nos jours, le jeu de 32 cartes est le plus utilisé en cartomancie suivi du jeu de 52 cartes (cf. taromancie).
Les cartes égyptiennes des Mamelouks seraient le probable maillon manquant entre les cartes européennes et les cartes chinoises voire indiennes.
La taromancie perçoit dans les quatre emblèmes du tarot une symbolique dérivée de l'armement sarrasin utilisé lors des croisades : boucliers, flèches, cimeterres et calices à l'image des anciennes cartes mauresques.
Les quatre emblèmes - deniers, bâtons, épées et coupes - des tarots anciens (Tarots italiens et Tarot(s) de Marseille) permettraient de comprendre le sens divinatoire des 4 couleurs des cartes à jouer (trèfle, carreau, pique et cœur) que l'on trouve tant sur le Tarot à Jouer que sur les jeux de 52 et de 32 cartes.
Toutefois, cette vision taromancique n'est que partiellement en accord avec la tarologie académique qui si elle confirme les correspondances Coupes/Cœurs et Epées/Piques préfèrerait faire dériver les Trèfles des Bâtons et les Carreaux des Deniers...
Le symbolisme du cœur
Le cœur aurait été dessiné sous la forme d'une coupe : calice ou graal.
Il évoquerait notamment l'enjeu spirituel des croisades, à savoir la conquête du Saint Sépulcre : Jérusalem en Terre Sainte.
Au sens propre, le cœur renverrait principalement à l'organe cardiaque et à la circulation sanguine.
La notion de sang évoquerait les liens de sang et par extension de famille.
Au sens figuré, le cœur symboliserait l'affectif sous ses aspects les plus divers.
Cœur = Coupe - liens de parenté - liens affectifs
Le symbolisme du carreau
Le 4 de carreau au sens littéral, c'est le projectile (sorte de flèche) dans l'arbalète de l'arbalétrier.
Ce carreau apparaît de façon stylisée comme un bâton terminé par une pointe tranchante sur le Tarot marseillais tandis que certains des plus anciens tarots italiens le représente avec pointe en fer et empan de plumes.
Le symbole de la flèche est parlant : elle permet d'atteindre un objectif au loin ; elle se déplace d'un point à un autre.
Par extension, déplacement d'une personne (trajets, voyages) ou d'une information (lettre, téléphone, internet).
Sens de déplacement, de mouvement donc d'énergie.
Carreau = Bâton - mouvement - communication - énergie
Le symbolisme du pique
Les piques proviendraient de l'emblème des épées : sabres courbes ou cimeterres sarrasins et épées droites des croisés sur les anciens tarots.
Expression du combat au corps à corps, les épées signifieraient d'abord le pouvoir de l'action offensive.
Mais l'épée symboliserait aussi le glaive de Justice ; à ce titre, le pique indiquerait l'action du Pouvoir qui tranche et décide, la loi.
D'après une autre symbolique, celle de l'instrument manufacturé par l'homme, les épées se rapportent égalem