Existence - Sorcellerie, sorcier, sorcières, sorilèges, envoûtements, vaudoo, vodoo, magies
 
 
 
 
 

Magie (surnaturel)


« La magie est l'étude et la pratique du maniement des forces secrètes de la nature »

Pourquoi ce « Magie », ce M majuscule ? peut-être pour ne pas confondre avec la magie au sens de prestidigitation, peut-être pour agrandir, magnifier l'aspect aventureux d'une entreprise souvent ridiculisée ou jugée inquiétante par les pouvoirs en place.

Dans de nombreuses cultures, les moyens mis en œuvre par la magie en tant que science occulte s’opposent, en effet, aux raisonnements scientifiques, ainsi qu’aux religions établies.

Les évolutions des connaissances scientifiques, qui permettent d’expliquer des phénomènes comme la foudre, les mouvements des planètes, ou les réactions chimiques, ont progressivement réduit la croyance en la magie.

Le mot "magie" désigne tantôt une technique ("les arts magiques"), tantôt des procédés, des opérations, tantôt une action, un effet, mais cela n'est pas si gênant.

Apulée : "La magie est la science de la piété et du divin (...). Mes adversaires, toutefois, peuvent adopter le sens du vulgaire, selon lequel le mage, étant en communauté avec les dieux immortels, a le pouvoir de tout faire par la vertu mystérieuse des incantations."

Helena Blavatsky : « La magie, considérée comme science, est la connaissance des principes et de la voie par laquelle l’omniscience et l’omnipotence de l’Esprit et son contrôle sur les forces de la nature peuvent être acquis par l’individu tandis qu’il est encore dans le corps. Considérée comme art, la magie est l’application de ces connaissances à la pratique. »

Aleister Crowley : "Magick is the Science and Art of causing Change to occur in conformity with Will. La Magie est la Science et l'Art d'occasionner des Changements en accord avec la Volonté."

Pierre A. Riffard : "La magie est l'action efficace sur un objet réel ou mental, par la parole, le geste, l'image ou la pensée, indépendamment des catégories de l'être (espace, temps, causalité), mais conformément à des correspondances soit analogiques [par exemple, rouge = le fer, le mardi] soit mécaniques [rouge → excitation, mûrissement]."

Définition d'un dictionnaire (Hachette) : "Science occulte qui permet d'obtenir des effets merveilleux à l'aide de moyens surnaturels."

En général, on lie l'idée de magie à ces notions : admettre l'existence de forces surnaturelles et secrètes, contraindre les puissances du ciel ou de la nature, recourir à des moyens d'action qui ne sont ni religieux ni techniques mais occultes, distinguer magiciens et sorciers, obtenir des effets merveilleux.

On peut distinguer mage, magicien, magiste. Le magicien est un praticien, il réalise des merveilles ; dans les années 1760, on disait du comte de Saint-Germain qu'il vivait depuis l'époque de Jésus, ne mangeait pas, créait des pierres précieuses, faisait disparaître les taches des diamants, transmutait les métaux en or... Le mage est un sage, qui connaît les secrets de la nature ("les rois mages"). Le magiste est un sage praticien, il est à la fois savant comme le mage et habile comme le magicien ; au XIXe s., on considérait Helena Blavatsky et Papus comme des magistes.

D'autres personnes font des "miracles", mais autrement. Le prestidigitateur et le "fakir" utilisent l'illusion ; le médium et le prodige ont un don ; le saint et le mystique comptent sur Dieu.

Personne, vraiment, ne sait expliquer la magie, ni même si elle est véritablement efficace. Mais des théories existent.

La magie orientale - mésopotamienne, égyptienne, iranienne - explique ses exploits par l'archétype, le modèle divin ou cosmogonique. À ses yeux, pour agir magiquement il faut faire comme font les dieux ou faire comme ce fut à l'origine. Les dieux sont des exemples, des créateurs, des tout-puissants, les origines sont des moments forts, ils concentrent des puissances idéales, des possibilités. C'est donc magique. Le papyrus égyptien de Haouârah (IIe-IIIes.) dit ceci : "De même que Typhon [le dieu Seth] est l'adversaire d'Hélios [le dieu Osiris], pareillement embrase l'âme d'Eutychès". Autrement dit : puisse ton amour pour la dame Eutychès avoir la même force que la haine de Seth contre Osiris.

Bôlos de Mendès, le premier des occultistes, explique la magie par les "sympathies et antipathies" et par les "vertus occultes". D'après lui, la salamandre et le feu sont en sympathie, le coq et le lion en antipathie, en inimitié ; la dépouille d'un serpent a la propriété merveilleuse de favoriser les menstrues.

Pic de la Mirandole, en néoplatonicien, explique la magie par l'amour. "Les merveilles de l'art magique ne s'accomplissent que par l'union et l'actualisation des choses qui sont latentes ou séparées dans la nature. (...) Faire de la magie n'est pas autre chose que marier le monde. Magicam operari non est aliud quam maritare mundum." Tout comme le vigneron fait une greffe de la vigne sur un ormeau, le magicien lie l'inférieur au supérieur, le matériel au divin, sur le plan du caché, du latent, du séminal. Pour faire un talisman il faut lier le signe gravé ou inscrit à un esprit planétaire, à un des sefirot de l'arbre des kabbalistes.

Paracelse explique la magie par l'astral, aussi bien l'Esprit sidéral que le corps astral (corpus siderem), d'autre part il explique par la volonté et l'imagination du mage. "L'Esprit sidéral" est la lumière répandue dans notre esprit autant que la Raison universelle. "Même les choses insensibles, les plantes, les graines, les fruits, les pierres, etc., tout a un corps astral", celui-ci est un "aimant" qui attire "les influx sidéraux", un "moteur" qui donne vie et esprit au corps élémentaire. Le mage sait capter et diriger "les forces célestes", "les puissances astrales" dans les objets terrestres, mais aussi utiliser les images, les lettres, les mots. Hélas, la pensée de Paracelse reste difficile à comprendre.


Agrippa de Nettesheim, Giambattista Della Porta, Swedenborg, la majorité des auteurs expliquent la magie par les analogies et correspondances pour le côté abstrait, par les liens ou les déliements pour le côté concret. C'est la fameuse notion de "ligature" (serrer un lien, faire un noeud). On a là une idée magique de tous temps et pour tous lieux. Exemple : il y a, selon le magicien, analogie, ressemblance, métaphore, apparentement entre l'amour et un lien, un noeud, un enchaînement, donc, pour créer un amour de façon magique, le magicien fera un noeud. L'analogie créera le lien. Recette du IVe siècle : "Charme étonnant pour lier une femme aimée. Fais 365 noeuds." Recette de 1997 : "Pour attirer l'amour. Dans un ruban rouge vous aurez écrit vos deux noms avec le sang de l'un des deux. Liez le ruban de manière à faire joindre les noms." L'action magique transfère à deux personnes le pouvoir qu'a le noeud sur deux cordes, celui d'unir, de rapprocher. Un mage d'une part scrute, connaît, d'autre part manipule, transfère les équivalences symboliques.

Franz Anton Mesmer (1766) et tout le mouvement du magnétisme animal expliquent par un "fluide magnétique universel", ou plus prosaïquement par l'électromagnétisme.

Éliphas Lévi explique par la volonté. "Savoir, oser, vouloir, se taire, voilà les quatre verbes du mage (...). Vouloir, vouloir longtemps, vouloir toujours, mais ne jamais rien convoiter, tel est le secret de la force ; et c'est cet arcane magique que le Tasse met en action dans la personne des deux chevaliers qui viennent délivrer Renaud et détruire les enchantements d'Armide. (...) Ce qui rendait Jeanne d'Arc toujours victorieuse, c'était le prestige de sa foi."

Frazer, ethnologue anglais, explique par les associations d'idées. "Les hommes confondent l'ordre de leurs idées avec l'ordre de la nature, et, dès lors, imaginent que le contrôle qu'ils exercent ou semblent exercer sur leurs pensées les autorise à pratiquer un contrôle correspondant sur les choses." Frazer distingue, dans son analyse de la magie, trois lois, qui marchent par associations (similitude, contiguïté, contrariété). Première loi, la similitude, la sympathie par imitation : "Tout semblable appelle le semblable, ou un effet est similaire à sa cause" ; par exemple, la technique d'envoûtement consiste à percer d'une aiguille une poupée imitant la personne que l'on veut blesser. Deuxième loi, la contiguïté, la sympathie par contact, la contagion : "Les choses qui ont été une fois en contact continuent d'agir l'une sur l'autre, alors même que ce contact a cessé" ; par exemple, un magicien peut blesser une personne en piquant les empreintes de pas laissées par cette personne. Troisième loi : "le contraire agit sur le contraire" ; par exemple, pour contrecarrer une blessure on peut susciter son contraire sous forme d'une image de cicatrisation.

Mikhaël Aïvanhov, un maître spirituel bulgare, explique par l'aura. "Être un mage, c'est créér. Le mage véritable est entouré d'un cercle de lumière, son aura, ce halo de lumière invisible qui émane de lui et qu'il a formé grâce à son travail spirituel et à la pratique des vertus. Pour créer, le mage utilise les mêmes moyens que Dieu Lui-même : il projette une image ou prononce un mot qui traverse son aura, et c'est l'aura qui fournit la matière pour la manifestation." Il existe "trois grandes lois magiques : 1) la loi d'enregistrement, 2) la loi d'affinité, 3) la loi du choc en retour."

Une théorie bien plus moderne passe par la notion de "champ morphique" . Rupert Sheldrake, biologiste et parapsychologue anglais, développe "l'idée que les formes et comportements caractéristiques des systèmes physiques, chimiques et biologiques sont déterminés par des champs organisateurs invisibles qu’ils appellent les 'champs morphogénétiques', apparemment capables de transcender à la fois le temps et l’espace sans avoir ni masse ni énergie propre."

 

Quand le magicien ne peut compter ni sur lui-même ni sur les choses, il pense à d'autres esprits qui pourraient lui venir en aide : les démons, les incubes et succubes (démons sexuels), les esprits de la nature, les âmes des morts, les fées, les anges, les dieux.

Les magiciens ont parfois recours à un assistant, appelé "parèdre", qui est un démon, un dieu, un génie, un esprit, l'âme d'un mort. "On acquiert un démon comme assistant : il te dira tout, il vivra, mangera et dormira avec toi."

  • Démonisme. Le recours aux esprits malfaisants ("magie démoniaque") au moyen d'invocations ("goétie") ou de rites ("basse magie") laisse épouvanté. Pourtant, cela existe et relève du satanisme ou de la magie noire. Mais toutes sortes d'"esprits" existent, pour un magicien, dans les eaux, au ciel, dans les organes, partout, on peut les évoquer et obtenir un résultat. "Un certain Harnouphis, mage égyptien de l'entourage de Marc Aurèle, appela des génies par art magique, notamment Hermès Aérios, et, par leur entremise, il provoqua, dit-on, la pluie."
  • Nécromancie. Une classe courante de magie concerne la magie de la mort et des âmes des morts. Elle inclut, entre autres, les célèbres magies concernant les morts-vivants, les zombis, les fantômes.

  • Médiumnisme. Le magicien peut passer par un médium à transe, un somnanbule. Crowley est entré en haute magie en utilisant, au Caire, les dons de médium de sa première femme, Rose Kelly.
  • Chamanisme. Un chamane, par définition, entre en communication avec les esprits des animaux, qui sont ses "auxiliaires". Le premier chamane occidental, Aristéas de Proconnèse (vers 600 av. J.-C.), était supposé "prendre la forme d'un corbeau". La légende en fait un mage capable de bilocation, qui pouvait vivre sans manger.
  • Théurgie. "La théurgie est une forme de magie, celle qui permet de se mettre en rapport avec les puissances célestes bénéfiques pour les voir ou pour agir sur elles (par exemple en les contraignant à animer une statue, à habiter un être humain, à révéler des mystères)."

Bref la magie qui invoque des diables ou démons malfaisants, c'est de la goétie, celle qui invoque des anges bienfaisants ou dieux, c'est de la théurgie ; les deux forment la "magie cérémonielle".

Souvent, tous les supports interviennent. Soit le "rituel d'appel de forces". "Il faut d'abord se procurer une feuille de parchemin animal [symbole] sur laquelle on écrira sa demande. Le rituel s'effectuera en lune ascendante [astre], soit dans l'oratoire, soit en plein air [condition de lieu], la nuit [condition de temps]. Sur l'autel sont disposés : le parchemin enveloppé de soie, deux cierges liturgiques [Élément Feu], de l'eau lustrale [Élément Eau], un bol de terre ou un crâne [Élément Terre], de l'encens dans un brûle-parfum [Élément Air]. On tracera [expression par geste] le cercle de protection. On prend son couteau rituélique à manche noir [instrument] et on dit [expression par parole] : Introïbo ad altare Demiurgi, puis on lit les psaumes 2, 6, 101, 129 et 142. On visualise [expression par imagination] alors sa demande : si on souhaite de l'argent, on voit des piles de beaux billets. On appelle le génie que l'on a choisi [démonisme]. On attend jusqu'à ce que l'on sente la présence de l'entité appelée [expression par volonté], et, croyez-moi, on la sent. On lit à nouveau le texte du parchemin, puis on récite la formule suivante : Demiurgus Caeli..."

Vaudou




Le vaudou (ou vodou, ou vodoun) est un culte animiste originaire de l'ancien royaume du Dahomey (Afrique de l'Ouest). Il est toujours largement répandu au Bénin et au Togo, comme dans le célèbre marché des féticheurs à Lomé.

À partir du XVIIe siècle, les esclaves originaires de cette région d'Afrique répandirent le culte vaudou aux Antilles et en Amérique. On le retrouve donc sous différentes formes à Cuba, en Haïti, au Brésil ou encore aux États-Unis, en Louisiane surtout. Mais bien avant l'Amérique, le vaudou s'est répandu en Afrique du Nord par les esclaves amenés par les anciennes dynasties qui ont traversés l'histoire de cette région. Et on le retrouve jusqu'à nos jours sous différentes formes, dont la plus connue reste le Gnawa ou Gnaoua au Maroc et en Algérie, mélangé au folklore religieux arabo-musulman.


Origine

Le vaudou est né de la rencontre des cultes traditionnels des dieux yorubas et des divinités fon et ewe, lors de la création puis l'expansion du royaume fon d'Abomey aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Le vaudou est le fondement culturel des peuples qui sont issus par migrations successives de Tado au Togo, les Adja (dont les fons, les Gouns, les Ewe... et dans une certaine mesure les Yoruba ...) peuples qui constituent un élément important des populations au sud des États du Golfe du Bénin (Bénin, Togo, Ghana, Nigéria...).

Vaudou (que l'on prononce vodoun) est l'adaptation par le Fon d'un mot Yoruba signifiant « dieu ». Le vaudou désigne donc l'ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l'affirmation d'un monde surnaturel, mais aussi l'ensemble des procédures permettant d'entrer en relation avec celui-ci. Le vaudou correspond au culte yoruba des Orishas. De même que le vaudou est un culte au esprit du monde de l'invisible. À chaque ouverture, le prête vodoun demande l'aide de l'esprit de PAPA LEGBA pour ouvrir les portes des deux mondes.

Le panthéon Vaudou en Afrique


Le panthéon vaudou est avant tout constitué des forces de la nature. Les vaudou (loa, lwa) et leurs relations renvoient aux puissances naturelles que sont la foudre, la mer, la maladie, etc.

Mais le culte vaudou s'intéresse aussi à d'autres entités surnaturelles, telles que les ancêtres divinisés et les monstres (et autres animaux).

Les dieux (ou vaudous)


Au sommet du panthéon vaudou figure Mawu (prononcer man-whou), Dieu suprême qui règne sur les autres dieux. (mawu lo lo pour « Dieu est grand » ; akpé na mawu pour « merci à Dieu » ; mawuena(m) pour « don de Dieu » et qui correspond au prénom Dieudonné). Notons aussi que Mawu n'ayant pas de forme, il n'est donc jamais représenté, ni en peinture ni associé à des objets, comme le sont les autres vaudous.

Mawu (Dieu) est incréé et créateur de tous les autres Vaudous (dieux). Mawu n'intervient pas dans la vie des hommes. Il aurait créé les autres Vaudous pour qu'ils soient en relation avec les hommes et le monde. « Mawu » ne fait pas partie à proprement parler du panthéon ; c'est un concept ; littéralement Mawu doit se traduire par « ce que nul ne peut atteindre » ou encore « l'inaccessible » Ce n'est donc pas une « personne ». Ce qui explique qu'il n'y a nulle part dans l'aire du vaudou un culte pour Mawu ; on ne fait que le remercier, le glorifier. On le dit bienveillant envers toutes les créatures.

Remarquons que les chrétiens Ewés et Fons appellent Dieu Mawu. Les premiers missionnaires chrétiens sont sûrement à l'origine de la traduction du nom du Dieu chrétien par Mawu, pour faciliter les conversions vers la religion chrétienne.

Le panthéon vaudou est fait d'une multitude de Lwas, qui sont des esprits, ou dieux inférieurs, pouvant entrer en communication et même collaborer avec les humains. Les Lwas se matérialisent le plus souvent dans des objets inanimés de la nature, tel des pierres et des arbres; de là, la qualification de "rituel animiste" que plusieurs appliquent au vaudou.

Une des plus importantes Lwas est Erzulie, ou Erzulie Freda, qui est la déesse de l'amour. On trouve aussi Gu (l'Ogoun des Yorubas), dieu de la guerre (et des forgerons), Sakpata, dieu de la variole (et plus généralement de la maladie, de la guérison et de la Terre), Damballa, esprit de la connaissance, ainsi que le puissant Hebieso, dieu de l'orage et de la foudre. Ce dernier est accompagné d'un nain ou d'un homoncule chargé de forger ses éclairs. Papa Legba, quant à lui, a la difficile fonction d'intermédiaire et de messager des dieux. Il est assimilé, dans le vaudou haïtien, à Saint Pierre, qui détient les clefs du Paradis et de l'Enfer.

Dans le vodou en Afrique, il n'y a pas les concepts de paradis et d'enfer. Lêgba (Eshu pour les anglophones) est en effet le dieu le plus important en cela qu'il est le dieu des croisements, le dieu de la réflexion ; son rôle d'intermédiaire vient ensuite. Il forme avec la divinité Fa (ou Ifa) un couple porteur de la pédagogie de cette culture.

Autres divinités

Mami wata n'est pas une adaptation de l'anglais. Dans la langue mina qui est parlée au Sud du Togo et une partie du sud du Benin, «Amuiê» veut dire serrer »Ata» veut dire la/les jambes. Après les rituels dédiés à la Déesse des eaux pour la fécondité de la femme et dont la principale demeure est l'Océan, le maître (Hougan) ou la maîtresse (Mambo) de cérémonie lui demande de répéter: «Mamui Ata» ce qui veut dire: "je serre les jambes" afin de garder pendant un moment ce que la Déesse a ensemencé. Avec le temps, on nomma la Déesse "Amuia Ata" et avec les déformations phonétiques successives le nom «Mamui Ata» est devenu "Mami Wata"que l'on croît être une adaptation de l'anglais.

Mami Watta est aussi appelée Yemendja dans la tradition du vaudou Haïtien, un culte spécial lui est même consacré. C'est la (déesse) mère des eaux, déesse crainte des pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l'océan destructeur. Mami Wata est avant tout une divinité éwé, dont le culte est très présent sur la côte atlantique du Togo (mais aussi au Nigéria, au Cameroun, au Congo-Brazzaville) où elle symbolise la puissance suprême, de même que la déesse Durga du panthéon hindouiste symbolise la shakti. Mami Wata est souvent représentée en peinture où elle figure sous les traits d'une sirène ou d'une belle jeune femme brandissant des serpents.

Dan : pour les Fon, Dan désigne le serpent, plus particulièrement le python, un animal sacré qu'on ne doit pas tuer. Dan a assisté à la création et supporte l'univers. Son culte est surtout répandu à Ouidah et dans sa région, où l'on trouve de nombreuses maisons aux serpents.

Culte et pratiques vaudou en Afrique

Le Vaudou vient d'Afrique mais ce n'est pas l'endroit où le vaudou est le plus pratiqué.

Le vaudou haïtien

En Haïti, le Vaudou mélange Vaudou d'Afrique de l'Ouest et folklore religieux chrétien. Religion des esclaves, le Vaudou a eu une grande importance dans leurs révoltes (voir Cérémonie de Bois-Caïman, dans leur émancipation), et conserve aujourd'hui une importance politique non négligeable. Nous n'en savons pas plus sur leur croyance sur l'origine de l'univers, de la terre et des humains.

Chaque année au mois de juillet, plus de 70.000 personnes se rendent au lieu dit le Saut d'eau. Pendant 4 jours, les Haïtiens fidèles au panthéon vaudou se livrent à des ablutions, les bains de chance. Selon la croyance populaire, des esprits qui font le bien quand on les prie suffisamment nichent dans la cascade, la gorge et les arbres. Les visiteurs étrangers y sont admis mais doivent montrer une extrême retenue.

L'inspiration vaudou

La religion Vaudou a longtemps été réprimée et diabolisée. Les clichés, lieux communs et fantasmes véhiculés par le passé sont encore perceptibles. Ainsi, lorsque l'on dit s'inspirer du Vaudou, on retrouve souvent satanisme, cannibalisme, sorcellerie et envoûtements, destructions... L'objet représentant le mieux cette perception du vaudou est la poupée vaudou, instrument magique de torture. Il y a cependant certaines personnes qui tendent à s'inspirer de la réalité du Vaudou et non à ces clichés fantastiques et autres affabulations.

La liste ci-dessous est à l'image populaire du Vaudou : un mélange de préjugés et d'inspirations plus réalistes.